Un sondage Odoxa sur la perception par les Français de l’intelligence artificielle montre que les craintes dominent, malgré une prise de conscience de son potentiel dans le contexte professionnel.

Dans cette enquête, réalisée en mars 2019 pour Saegus et SAP, 60% des sondés ont témoigné nourrir des craintes envers l’intelligence artificielle (IA), contre 50% en 2016. Seuls 40% des répondant la considèrent comme une chance.

Gérald Karsenti, Directeur général de SAP France, répond à ces craintes en se montrant rassurant : « La technologie ne prendra pas le dessus sur l’homme : nous sommes encore bien loin des spéculations spectaculaires qui lui sont attribuées. A l’image des assistants vocaux qui entrent dans nos vies, les technologies actuelles ne sont capables que de reconnaitre des sentiments exprimés et proposer des réponses préalablement apprises. Les machines ne peuvent se passer des humains et les humains des machines. ».

Encore peu d’actifs familiers de l’IA

L’IA semble avoir encore peu pénétré dans le monde professionnel. En effet, 66% des sondés actifs ont déclaré que ces technologies n’avaient jamais été évoquées sur leur lieu de travail. Les 34% qui ont eu l’occasion d’aborder le sujet sont majoritairement des jeunes (43% de moins de 35 ans), des cadres (48%) et des habitants de la région parisienne (42%). Ces chiffres laissent présager une certaine fracture technologique au sein de la population française.

Dans le cadre de leur travail, 39% des personnes interrogées estiment faire des tâches répétitives qui pourraient être automatisées. Pourtant, les plus concernés sont aussi ceux qui redoutent le moins l’IA : 52% des moins de 35 ans ont indiqué faire ce type de tâches, 37% des 35-49 ans et 29% des 50-64 ans. Pour Gérald Karsenti, « Cette révolution technologique ne détruira pas des emplois : en réalité, elle va déplacer l’emploi, en créant de nouveaux métiers et augmentant la valeur des emplois existants. »

Les Français conscients des apports de l’IA dans l’environnement professionnel

Malgré la prédominance d’une certaine défiance, 65% des Français reconnaissent le potentiel de l’IA pour améliorer la performance des entreprises. 59% estiment quant à eux que ces technologies vont permettre de moderniser les métiers traditionnels. Enfin, 56% pensent que l’IA va améliorer le bien-être au travail. Le simple fait d’être déchargé de tâches routinières, grâce à des outils comme les chatbots ou la RPA (Robotic Process Automation) apporte en effet des bénéfices facilement mesurables.

En revanche, 54% des sondés doutent de la capacité de l’intelligence artificielle à faciliter la collaboration, tandis que 61% sont sceptiques sur l’usage de ces technologies pour améliorer les recrutements.

IA-potentiel

« Bien que le sondage indique que les Français croient peu à l’influence de l’IA sur la collaboration ou le recrutement, c’est pourtant bien là que la transformation la plus rapide pourrait s’opérer (et toucher le quotidien des employés) », estime Frédéric Brajon, Directeur Général de Saegus. « Sans que l’on soit forcément au courant, une multitude de micro-services basés sur de l’IA sont ou seront à très court terme intégrés dans les fonctions régaliennes (prévisions financières, budget, supply chain, recrutement, constitution d’équipes « compatibles », gestion de carrière, aide à la vente, suivi d’agendas, automatisation de tâches administratives, octroi de crédits…) Dès lors, la véritable question qui se pose n’est plus de savoir quelle place donner à l’IA, mais quelle complémentarité octroyer à l’humain et surtout, comment intégrer des garde-fous permettant d’avoir confiance en l’IA….au quotidien. »

Source : Baromètre Odoxa « L’Intelligence artificielle au travail »

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