En matière de traçabilité et de collaboration interentreprise, la Blockchain représente un changement de paradigme. Il est donc important pour les entreprises de bien comprendre les enjeux associés avant d’entamer sa mise en œuvre, en particulier dans le cadre d’un consortium.

La technologie de la Blockchain permet de mettre en œuvre de nombreux cas d’usages qui intéressent les grandes entreprises, aussi bien pours des projets privés que dans le cadre de consortiums. Pour aider ces organisations à mieux cerner les possibilités et les enjeux de la Blockchain, le Cigref lui a consacré un livre blanc. Celui-ci aborde notamment les enjeux liés à la mise en place d’une telle technologie, d’autant plus présents quand plusieurs acteurs sont associés. Quatre grands domaines sont concernés.

1

L’absence d’intermédiaire au cœur des enjeux culturels

Le premier domaine est culturel. Il faut veiller à ce que les différentes parties prenantes acquièrent une vision juste et réaliste des opportunités offertes par la Blockchain, sans imaginer que celle-ci va remplacer tous les systèmes existants, mais sans sous-estimer non plus son potentiel de rupture.

Il faut également accepter l’absence de tiers de confiance, la Blockchain étant une technologie de traçabilité décentralisée : cela n’a rien d’une évidence pour des entreprises habituées à passer par un intermédiaire central. Sa mise en application peut se traduire par la disparition de certaines activités, générant de ce fait des résistances. Il faut donc prévoir un accompagnement adapté pour les salariés concernés.

Enfin, dans le cadre de projets menés en consortium, la notion de partenariat prend le pas sur la compétition : la mise en œuvre d’une Blockchain doit bénéficier à tous les acteurs impliqués.

Une gouvernance au service de la collaboration entre acteurs

Le second domaine concerne la gouvernance. La Blockchain repose sur des principes d’ouverture et de transparence entre parties prenantes. Les différents acteurs engagés dans un projet de Blockchain doivent donc apprendre à collaborer, en recherchant le consensus.

Il faut cependant établir quelques règles préalables, notamment :

  • Comment sont prises les décisions technologiques sur le code de la Blockchain ?
  • Comment définir les données visibles de tous et celles que les entreprises souhaitent garder privées ?

Enfin, il faut définir le modèle économique du projet, en réfléchissant notamment à la répartition des coûts de développement et d’infrastructure.

Anticiper les enjeux juridiques

Le troisième domaine est juridique. Avec une Blockchain, il faut répartir les responsabilités entre les membres du consortium : qui gère les identités, quelles indemnisations prévoir en cas de fraude, comment sont gérées les erreurs, etc. Il faut aussi prévoir des mécanismes de régulation et de résolution de conflit.

Des enjeux technologiques liés à un écosystème encore émergent

Le quatrième domaine est d’ordre technologique. La Blockchain a de plus en plus d’implémentations : les membres du consortium doivent prêter une attention particulière au choix de la technologie, d’autant plus que la portabilité entre Blockchains n’en est pour l’instant qu’à l’état d’expérimentation.

Les acteurs doivent aussi veiller à définir des standards communs en matière de gestion des identités, de synchronisation des données et des documents, gérés en dehors de la Blockchain proprement dite.

Ensuite, il est important de sécuriser l’environnement de développement de la Blockchain : une fois déployés, les Smarts contracts font office de loi. S’il est possible de faire évoluer les fonctions d’un Smart contract a posteriori, il est impossible de revenir en arrière sur des transactions passées exploitant une faille.

Du côté de la DSI, il faut être conscient que type de projet implique de travailler en réseau avec d’autres acteurs, avec lesquels l’entreprise peut être amenée à partager ses infrastructures, tout comme à utiliser leurs systèmes.

Enfin, l’entreprise qui s’engage dans un tel projet doit maintenir une veille permanente sur l’écosystème, celui-ci étant encore instable.

Source : Livre blanc Cigref, « Blockchain : passer de la théorie à la pratique »

AUCUN COMMENTAIRE