Cinq ans après l’explosion du Big Data, une enquête menée par l’EBG fait le point sur la maturité des entreprises françaises dans le domaine. Si celle-ci augmente, certains challenges subsistent, comme la mesure du retour sur investissement ou la pénurie de compétences, toujours bien présente.

En moyenne, les répondants au baromètre « Big Data cinq ans après » évaluent la maturité de leur entreprise dans le domaine à 3 sur une échelle de 5. Pour cette enquête, réalisée par l’EBG pour l’éditeur Qlik et son partenaire Micropole, société de conseil technologique, 530 professionnels de l’économie numérique ont été consultés. 20% d’entre eux ont indiqué avoir un projet Big Data depuis plus de 5 ans, et 30% entre 3 et 5 ans. Dans le baromètre, deux secteurs sortent du lot en termes de maturité Big Data : les banques et assurance, ainsi que les télécoms et services publics. Ensemble, ces deux secteurs représentent 31% des entreprises ayant évalué leur maturité entre 4 et 5.

Signe de cette maturité croissante, les enjeux métiers prennent le dessus : pour 66% des sondés, l’objectif des projets Big Data est la création de nouvelles opportunités Business. 65% des répondants indiquent rechercher une meilleure connaissance du client et de ses parcours. Enfin, l’amélioration de la performance opérationnelle arrive en 3ème position, avec 59% des réponses.

1

Les sources de données se diversifient

La typologie des données utilisées dans les projets reflète la place toujours importante des systèmes internes en tant que sources d’information, notamment les outils de CRM et d’ERP. Les données issues de ces derniers prédominent (86%), suivies des données de log (46%) générées par les visites sur les sites web et applications mobiles. Enfin, les données sociales occupent la dernière marche du podium, utilisées par 38% des répondants. Ces données sont précieuses pour connaître les retours des consommateurs sur les produits et services de l’entreprise, mais le faible score obtenu montre la difficulté à les collecter et les analyser.

Si les données structurées (57%) conservent une courte avance sur les données non structurées (43%), l’exploitation de ces dernières est en nette progression. Les freins techniques qui compliquaient leur usage sont en train de tomber, notamment grâce à l’apport de technologies comme le Machine Learning pour l’analyse du langage et de l’image.

Temporalité et valeur des données devancent la vélocité

Si les deux principales caractéristiques associées au Big Data, le volume (76% de réponses) et la variété (60%), semblent immuables, il n’en va pas de même pour les autres. Pour les professionnels interrogés dans l’enquête, la vélocité, qui faisait partie de la définition originelle des mégadonnées, a été remplacée par la variabilité, qui renvoie à l’évolution des données dans le temps. Cette dernière recueille 30% de réponses, tandis que la vélocité est reléguée en sixième place avec 24% de votes. Autre indice de la montée en puissance des enjeux métiers, la valeur et la validité, deux notions axées sur la pertinence des données, occupent la 4ème et la 5ème place.

Les experts de la data encore en nombre insuffisant

2

Le frein principal rencontré aujourd’hui par les entreprises est le manque de compétences en interne (54% de réponses). « Les premières formations spécialisées sont apparues relativement récemment (entre cinq et six ans) et sont, aujourd’hui encore, peu nombreuses », rappelle l’étude. En revanche, les freins techniques, qui étaient en première place il y a 5 ans, sont descendus aujourd’hui à la 6ème place, signe des progrès accomplis au niveau des offres et des outils. Cette question des compétences réapparait au niveau des facteurs de succès. Selon les participants, le recrutement d’experts est en effet une condition essentielle pour mener à bien les projets Big Data (54,5%), après l’implémentation d’outils technologiques (73%) et avant la création d’une gouvernance des données (41%). La formation des métiers en interne est également un gage de succès important, cité par 40% de répondants. Les entreprises recherchent en premier lieu des experts du data management (38%) et de la data science (34%).

Un ROI en cours d’évaluation

Autre difficulté des projets Big Data, la mesure du retour sur investissement (pour 47% de répondants). Pour les répondants avec un profil IT, c’est même le premier frein, à 67%. Les budgets consacrés au Big Data sont élevés. 28,5% des personnes interrogées y consacrent plusieurs centaines de milliers d’euros, 27% et 21% plusieurs millions d’euros. Dans ce contexte, l’attention portée au ROI s’explique aisément. Le caractère encore récent de beaucoup d’initiatives participe également à ce constat. Les bénéfices liés au Big Data sont en effet difficiles à estimer en amont, les entreprises ne sachant pas dans quelle mesure l’exploration de leurs données va leur permettre de répondre aux questions qu’elles se posent. Une majorité de participants (57%) sont actuellement en cours d’évaluation des résultats. 21% d’entre eux indiquent cependant que leur projet a répondu aux attentes, un score encourageant pour la suite.

Les prochains enjeux du big data : réglementation et technologies émergentes

Les enjeux réglementaires, et notamment l’entrée en vigueur du RGPD (Règlement Général sur la Protection des données) en 2018, sont pour l’instant peu considérés comme des freins (27% seulement de réponses côté métiers et 17% côté IT). La situation est susceptible d’évoluer avec la future directive ePrivacy.

Trois technologies polarisent les attentes des professionnels. L’Intelligence Artificielle (75%), les chatbots (42,5%) et l’Internet des Objets (41%). Pour les professionnels, ces évolutions laissent entrevoir des possibilités attractives en matière d’automatisation et d’analyse. Ce sont aussi de nouvelles sources de données potentielles, notamment l’IoT et les assistants vocaux.

Source : sondage EBG pour Micropole et Qlik

AUCUN COMMENTAIRE