C’est un fait difficilement niable, autrefois simple tendance, DevOps est aujourd’hui devenu une approche essentielle à la survie des entreprises. À l’ère de l’économie numérique, l’innovation logicielle soutient l’innovation métier. Afin d’être en mesure de proposer rapidement une valeur client différenciante, tirer parti de nouvelles sources de revenus en ligne et réagir aux différents évènements à l’échelle du marché, les entreprises doivent pouvoir développer des solutions innovantes en continu. Dans ce contexte, les méthodes DevOps appliquées à tous les niveaux de l’entreprise peuvent générer d’excellents résultats métier alignés sur les attentes clients.

Un changement impulsé par le management

De nombreux acteurs IT initient leur trajectoire DevOps en déployant des solutions d’automatisation et outils afférents, mais sont rapidement confrontés à des obstacles lorsqu’ils essayent d’étendre ces pratiques à l’échelle de leur entreprise. Ils finissent donc par dévier de leur feuille de route en essayant de gérer à la fois les limites organisationnelles, les processus système encombrants et la méfiance de leurs collaborateurs face au changement. Il est souvent tentant de rejeter la faute sur les personnes et les équipes réfractaires à la nouveauté, mais comme le dit si bien William Edwards Deming, « le système est utilisé par les collaborateurs, mais il est créé par le management. »

Déployer DevOps à l’échelle de l’entreprise nécessite de transformer le système, et seul le management est en mesure de mettre en place ce changement de mentalité. Ici, l’implication et la prise de responsabilité à l’échelle du leadership sont absolument vitales. Si l’équipe de management ne s’engage pas, il en va de la responsabilité des équipes IT de lui expliquer l’importance de cette implémentation.

Le leadership peut être réfractaire au changement pour une multitude de raisons. Les responsables doivent faire face à deux types de risques différents : « se tirer une balle dans le pied », lorsqu’ils se lancent dans un projet ambitieux qui échoue, et « manquer le coche » lorsqu’ils choisissent de laisser passer une opportunité de taille qui aurait pu s’avérer fructueuse. La plupart du temps, les responsables ont plus peur de se tirer une balle dans le pied que de manquer le coche. Il est difficile de surmonter la réticence au changement. Mais aujourd’hui, l’agilité et la capacité à s’adapter aux évolutions du marché sont une absolue nécessité. En d’autres termes, manquer le coche du DevOps, revient automatiquement à se tirer une balle dans le pied.

Le leadership transformationnel

Pour mener à bien la transformation DevOps de leur entreprise, les dirigeants doivent développer un style de leadership transformationnel. Un concept mis en lumière par James V. Downton et révisé par James MacGregor Burns qui s’articule autour de quatre piliers : créer une vision de l’avenir, concrétiser la vision, développer des liens de confiance avec les collaborateurs et encourager les collaborateurs à s’impliquer dans la vision.

Tout d’abord, les leaders doivent inspirer leurs collaborateurs et leur donner une mission commune. Pour y parvenir, ils doivent définir une vision et un parcours clairs à l’échelle de l’entreprise. La transformation DevOps doit s’aligner sur les objectifs globaux de l’entreprise. Par exemple, dans le cadre d’une stratégie axée sur l’innovation métier, l’IT devra développer ses capacités d’innovation et les intégrer aux pratiques DevOps de son entreprise.

Ensuite, pour concrétiser la vision de l’entreprise, il faut fournir les efforts nécessaires. Les dirigeants font souvent l'erreur de développer une vision et de ne pas faire le travail difficile nécessaire pour la concrétiser. Pour montrer le bon exemple au reste de l’entreprise, ils doivent savoir comment leurs équipes travaillent actuellement, connaître les obstacles qui freinent les opérations et enfin déterminer comment les pratiques DevOps pourrait résoudre ces problèmes.

Le leader transformationnel doit également montrer qu’il se soucie du bien-être de ses équipes, afin de cultiver le respect et la confiance pour l’avenir de l’entreprise. Combien de fois par semaine vient-il voir l’équipe IT dans ses bureaux ? Sans interaction personnelle, il est difficile de comprendre le fonctionnement des activités. DevOps a pour mission de créer des équipes performantes. Les managers doivent donc connaître et comprendre les objectifs et ambitions personnelles des collaborateurs, tout en étant à même de les reconnaître et de leur donner le feedback nécessaire à leur perfectionnement.

Enfin, une fois l’objectif défini, la confiance établie et la stratégie mise en place, les leaders doivent inciter leurs équipes à travailler de manière plus performante. En les autorisant à remettre en question le statu quo et en encourageant les idées créatives, ils peuvent décentraliser la prise de décision pour leur permettre de gagner en indépendance et d’essayer de nouvelles approches de travail. Cette culture favorisera l’amélioration et l’apprentissage continus, deux facteurs clés de la réussite du DevOps.

Les pratiques du leadership transformationnel ont une incidence positive sur les parcours DevOps. Comme l’explique le dernier rapport State of DevOps, « le leadership transformationnel repose sur des pratiques génératrices de performance, tout en améliorant la communication et la collaboration entre les membres de l’équipe dans le cadre des objectifs organisationnels. » Le leadership transformationnel s’aligne également sur les approches Lean et Agile. Il améliore l’engagement des salariés et cultive des attitudes positives, en particulier dans le cas des changements de grande ampleur.

Par Eric Chaussier, Presales Manager Cloud, DevOps, Broker, Analytics, chez Micro Focus France

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