Si la fonction de CDO (Chief Data Officer) est encore récente, certains de ses représentants ont désormais suffisamment d’expérience pour en tirer des enseignements. Dans le cadre d’un livre blanc réalisé par Dataiku, 50 d’entre eux ont répondu à une enquête sur leurs missions.

Dataiku a regroupé ces expériences en 10 enseignements clefs et les a soumis à l’analyse de Caroline Carruthers, elle-même ex-CDO et autrice de livres sur la fonction de responsable des données.

1L’argent fait tourner le monde

La première motivation des CDO interrogés, citée par 76% d’entre eux, est d’augmenter le chiffre d’affaire de leur entreprise, la seconde de diminuer les couts opérationnels (56%), la troisième d’améliorer l’efficacité des projets (56%). Faire face à la concurrence et gérer les risques arrivent en queue de peloton, citées respectivement par 44% et 41% de répondants. Pour Caroline Carruthers, s’il est positif que le monde de l’entreprise reconnaisse la valeur des données, il ne faut cependant pas négliger les autres dimensions du rôle de CDO, notamment les aspects concurrentiels et les risques pourtant sur la gestion des données.

2C’est le travail d’équipe qui fait tout

Environ 35% des équipes sont constituées principalement d’analystes des données, tandis que 29% comportent pour moitié des analystes et pour l’autre des data scientists. Dans l’idéal, une composition équilibrée est préférable, même si les data scientists sont encore rares sur le marché du travail.

3Il faut souvent improviser avec les moyens du bord

Le premier défi des CDO réside dans des équipes sous-dimensionnées (22% de réponses), suivi par des données obsolètes ou inadaptées (12%). Enfin, 10% doivent composer à la fois avec des attentes très fortes, des processus manuels peu efficaces et un manque d’adhésion du reste de l’entreprise. Caroline Carruthers suggère de former davantage les collaborateurs en interne et de travailler avec les écoles et universités locales afin d’améliorer cette situation, qui dure depuis plusieurs années déjà.

4La réalité est encore loin de donner pleine satisfaction

Seuls 8,1% des CDO sont satisfaits de la qualité des données dont ils disposent. Beaucoup de CDo sont plus occupés à gérer des urgences, mais, il faut clairement replacer la qualité plus haut dans la liste des priorités des organisations.

5Montrez la valeur de votre travail

52,4 % des CDO montrent le retour sur investissement de leurs projets « quelquefois », 16% ne le montrent jamais. Même si l’exercice est difficile, il est essentiel pour inciter à faire confiance aux analyses de données et créer de la valeur. Au lieu de se focaliser sur les changements apportés aux données, il faut se concentrer sur ceux apportés au métier, conseille Caroline Carruthers.

6Ne perdez pas la valeur métier de vue

Seulement 27% des CDO ont indiqué utiliser parfois la donnée pour créer de la valeur, un tiers n’en créent pas du tout. L’enquête n’a pas mis en évidence de corrélation entre le type de structure pour gérer les données et ce manque de valeur générée, même si beaucoup des CDO interrogés travaillent avec des petites équipes (moins de 20 personnes) dans de grands groupes. Parmi ceux qui ne génèrent pas de valeur, leur priorité en 2018 était la gouvernance. Pourtant, comme le rappelle Caroline Carruthers, la donnée n’est pas là pour simplement exister, sauf en cas de modèle économique consistant à produire des données. Elle a pour vocation de remplir un service.

7Ne placez pas la charrue avant les bœufs

71% des équipes de gestion des données sont centrées sur le métier, tandis que 20% sont des équipes spécialisées ou rattachées à la R&D. Si les projets sont à dominante technique, cela pose un double problème. D’une part, les responsables métier sont peu enclins à utiliser les données si celles-ci ne répondent pas à leurs besoins et enjeux quotidiens. D’autre part, même si les projets techniques réussissent, ils consomment généralement davantage de ressources pour une valeur moindre. Il faut donc s’assurer que tous les membres de l’équipe comprennent et partagent la vision métier.

8Remettez vos priorités dans le bon ordre

En 2018, les principales priorités étaient l’automatisation du traitement des données (22,6%), la création de modèles d’intelligence artificielle ou de Machine Learning (17,7%) et la gouvernance (16,1%). En 2019, l’ordre s’inverse, l’intelligence artificielle passant en première place (27,4% de réponses) devant l’élaboration de la stratégie des données et l’automatisation des processus opérationnels, tous deux à 14,5%. Si ce changement de priorité témoigne d’une plus grande maturité des organisations, il ne faut pas pour autant perdre de vue les objectifs de long terme. « Même si la dernière technologie à la mode est toujours plus attractive, cela ne peut pas fonctionner si vous bâtissez sur du sable », insiste Caroline Carruthers.

9Ne cherchez pas à aller contre le sens du vent

8% des CDO n’ont pas l’intention d’exploiter le Machine Learning et l’intelligence artificielle, et 8% le placent en fin de leurs priorités. Enfin, 42,8% utilisent ces approches sur un périmètre réduit qui n’a pas permis encore de prendre de décision. Même si le nombre de réfractaires est faible, les barrières à l’entrée ne sont pas si hautes pour expliquer ce faible niveau d’adoption. Pour l’experte, ce résultat s’explique davantage par une volonté des CDO d’avoir d’abord les bons jeux de données avant de se lancer, ce qui pour elle est plutôt bon signe.

10Suivez les leaders

74% des CDO participent à des réseaux regroupant leurs homologues, mais seuls 15% se considèrent comme des meneurs. Pour Caroline Carruthers, les CDO doivent s’impliquer davantage en matière de leadership, même s’ils ont beaucoup à faire par ailleurs, afin de valoriser davantage la fonction.

Source : livre blanc Dataiku

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