Une étude menée par l’APEC auprès des cadres et dirigeants de TPE-PME met en évidence un certain retard de ces entreprises en matière de transformation numérique, avec des démarches peu formalisées et rarement accompagnées.

Malgré les efforts accomplis pour faciliter l’accès à Internet en haut débit, ainsi que la présence d’un capital humain compétent à l’échelle nationale, les TPE et PME françaises ont pris du retard dans l’intégration des technologies numériques. C’est le premier constat de l’étude réalisée par l’APEC sur la transformation numérique des petites et moyennes entreprises.

Ainsi, en France, 2 PME sur 3 bénéficient d’un site Internet alors que dans le reste de l’Union européenne, la proportion grimpe à 3 sur 4. Par ailleurs, si 7 consommateurs français sur 10 achètent et paient en ligne, seule 1 PME sur 8 fait usage de solutions de vente en ligne.

Le numérique pour gagner du temps

La plupart des entreprises interrogées ressentent cependant une accélération des processus, mais aussi des services et des usages. Pour rester en phase avec la société et les clients, tout en préservant leur compétitivité, elles envisagent les outils numériques comme une façon de gagner du temps. Ces derniers leur apparaissent également comme un moyen de mieux faire face à la forte pression économique qu’elles subissent, qu’il s’agisse de gagner de nouveaux contrats, de nouveaux clients ou de nouvelles parts de marché dans un environnement très concurrentiel.

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L’ampleur des projets corrélée à la taille de l’entreprise et au secteur d’activité

Plus la taille de l’entreprise augmente, plus il est fréquent d’y rencontrer des innovations numériques. Au-delà du seuil de 250 salariés, 7 cadres sur 10 signalent de véritables transformations numériques dans leur entreprise, contre 1 sur 2 dans les PME de 50 à 250 salariés et 4 cadres sur 10 dans les PME de moins de 50 salariés.

Le secteur influence également l’envergure des projets. Plus celui-ci est marqué par le numérique, comme le médical, l’hôtellerie, les services, plus les projets peuvent être importants. Dans certains secteurs très concurrentiels l’enjeu peut être vital pour les entreprises, notamment pour répondre aux nouveaux usages ou comportements de leurs clients.

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Les projets les plus souvent mentionnés par les répondants répondent à deux grands objectifs :

  • La communication, notamment à travers la création d’un site Internet ou d’une page sur les réseaux sociaux ;
  • L’amélioration des processus internes, avec des projets comme l’informatisation ou dématérialisation des feuilles de congés, le changement de cloud, la mise en place d’un service après ventes ou d’outils de gestion de la relation client (CRM) reliés à la comptabilité, etc.

Davantage de projets « informatiques » que de projet de transformation

Beaucoup d’entreprises considèrent encore ces initiatives comme des projets « informatiques », qui ne s’inscrivent pas réellement dans une démarche de transformation numérique. De ce fait, ces projets sont souvent perçus comme étant de faible ampleur et sans grande complexité. S’ils sont jugés faciles à réaliser, ils sont peu anticipés, répondant plutôt aux besoins au fur et à mesure que ceux-ci se présentent.

Les entreprises menant de tels projets sont plutôt dans une démarche de dématérialisation progressive. « Cependant, l’ensemble de ces projets mis bout à bout peut constituer pour l’entreprise une transformation numérique dont les effets sont significatifs pour les collaborateurs et les collaboratrices », estiment les auteurs de l’étude.

L’impulsion vient souvent du dirigeant ou du cadre responsable. C’est lui qui identifie les besoins, souvent après avoir constaté des difficultés avec les outils actuels. Parfois, ce sont les salariés eux-mêmes, lassés des blocages, qui demandent un changement. Enfin, le déclic peut aussi venir de l’extérieur, suite aux remarques de clients ou partenaires, ou encore via la prise de conscience d’un décalage avec les usages contemporains.

Malgré les difficultés, la demande d’accompagnement est faible

Malgré des impacts organisationnels bien présents, les entreprises expriment peu de besoin en matière d’accompagnement. Elles témoignent cependant d’un certain nombre de difficultés rencontrées :

  • En amont, la conception du cahier des charges peut constituer une étape compliquée, d’autant plus que le travail de définition des besoins et de diagnostic est primordial, voire stratégique pour les TPE et PME.
  • Le choix d’un outil adéquat ou d’un prestataire est également une étape complexe.
  • En cours de projet, les difficultés techniques matérielles peuvent être problématiques sur le moment, mais elles se résolvent souvent assez facilement.
  • En aval, le projet de transformation numérique peut demander un suivi et constituer une charge de travail récurrente. C’est notamment le cas des outils de communication externe, sites Internet et réseaux sociaux, qu’il faut mettre à jour régulièrement.

Source : étude APEC, « La transformation numérique dans les PME »

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