Dans une étude réalisée par Re.source, laboratoire de réflexion sur l’emploi du groupe Randstad, les salariés français apparaissent moins enthousiastes envers les technologies numériques que les actifs d’autres pays.

Pour cette enquête, 14 600 personnes ont été interrogées dans 34 pays, dont 1 000 en France. Alors qu’au niveau mondial, la proportion d’actifs avec une opinion favorable du numérique dans le milieu professionnel s’élève à 75%, en France, ce taux descend à 64%, témoignant d’un enthousiasme plus modéré envers la technologie. A titre de comparaison, dans des pays où la culture digitale est bien implantée, comme la Chine, le taux atteint 93%. Même dans des pays européens ayant subi la crise de 2008 de plein fouet, les avis favorables son plus élevés, comme au Portugal (83%), en Grèce (82%), en Italie (80%) ou encore en Espagne (78%).

L’impact du numérique sur le marché de l’emploi sous-estimé par les Français

Les Français semblent également peu conscients de l’impact du numérique sur le marché de l’emploi, qui s’annonce pourtant considérable. Alors que 85% des emplois de 2030 n’existent pas encore (étude Dell-IFTF), seul 1 Français sur trois ressent le besoin d’acquérir de nouvelles compétences numériques, alors que la moyenne monte à 47% au niveau mondial, et même 80% en Chine ou en Italie. Pourtant, comme le rappelle François Béharel, Président du groupe Randstad en France, « le numérique a déjà un impact majeur sur l’évolution des compétences professionnelles. Les métiers, même les plus traditionnels, se digitalisent rapidement. Assurément, entreprises comme salariés doivent mesurer l’ampleur de cette révolution qui se déroule sous nos yeux. »

Trop de passivité face à cet apprentissage pourtant indispensable

Autre chiffre quelque peu inquiétant, pour 87% des Français, la formation au numérique relève uniquement de la responsabilité de leur employeur. Cette attentisme tranche avec la récente réforme de la formation professionnelle, qui vise à rendre les salariés plus autonomes dans leur apprentissage. « Mais encore faut-il que les Français prennent le virage culturel qui s’impose », pointe François Béharel, pour lequel « ce qui se joue ici n’est ni plus ni moins que la compétitivité à long terme de notre économie ».

Tout attendre de l’employeur, un pari risqué

L’étude révèle d’ailleurs que, si les Français attendent beaucoup de leur entreprise pour acquérir de nouvelles compétences numériques, ces espoirs sont souvent déçus. Au plan mondial, 44% des répondants estiment que leur employeur investit dans des actions de formation sur les enjeux technologiques des années à venir. En France, ce taux tombe à 37%. « Dans ce contexte, faire reposer sa propre montée en compétences sur la bonne volonté des entreprises apparaît risqué. Toutes ne mesurent pas d’ailleurs l’impact du digital sur leur business model et la nécessité de s’adapter », conclut l’étude.

Source : étude Randstad, « Les Français et le numérique : l’âge de la responsabilité individuelle est venu »

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