Une étude prospective s’est penchée sur l’impact des technologies numériques sur les acteurs industriels du secteur de la santé en France, depuis la recherche jusqu’à la production et les nouveaux usages pour les patients.

Dans cette étude, réalisée par OpusLine pour la Direction générale des entreprises (DGE) et les représentants de la filière santé française, huit technologies ont été étudiées : le cloud, la cybersécurité, le big data, l’intelligence artificielle (IA), la robotique, la simulation numérique, les objets connectés (IoT) et enfin la réalité augmentée.

De la chaîne de production jusqu’au patient, le numérique ouvre de nombreuses perspectives

Les auteurs soulignent tout d’abord que ces différentes technologies peuvent se combiner entre elles, décuplant leur potentiel de transformation. Ainsi, le cloud facilite par exemple le déploiement de solutions de big data. Celles-ci sont notamment alimentées par les objets connectés, de plus en plus déployés dans les dispositifs de soin (suivi des patients, observance thérapeutique) tout comme dans les chaînes de production de l’industrie pharmaceutique.

L’IA permet d’accéder à de nouvelles capacités en matière d’analyse de données, qui ouvrent des perspectives intéressantes pour la recherche, notamment en épidémiologie. La simulation numérique, d’ores et déjà capable de reproduire le fonctionnement d’un organe, laisse quant à elle entrevoir la possibilité de réaliser certains tests cliniques in silico, plutôt qu’in vitro ou in vivo.

Blockchain et cybersécurité apportent des réponses aux enjeux croissants autour de la protection des données patients.

Enfin, robotique et réalité augmentée trouvent des applications aussi bien dans la chirurgie de pointe que dans les usines de production, pour la maintenance des machines ou la manipulation de charges lourdes.

Pour comprendre à quel niveau interviennent les différentes technologies étudiées, les auteurs du rapport ont passé en revue de façon détaillée une vingtaine de cas d’usage. Les résultats montrent notamment que l’IA est surtout utilisée aux deux extrêmes de la chaîne de valeur, autrement dit en recherche et dans les usages. Inversement, l’IoT est présent à tous les niveaux, sauf en recherche. Enfin, le panel de technologies le plus large se situe au niveau de la production.

Filière santé : les technologies les plus utilisées par grands domaines métier

technos-par-projet-Sante-futur

Renforcer la collaboration entre les différents acteurs

Pour exploiter ces différentes possibilités, l’étude insiste sur la nécessité de mettre en œuvre des collaborations interdisciplinaires entre médecins, informaticiens, chercheurs en sciences du vivant, épidémiologistes et économistes. De même, les collaborations entre le secteur public et le secteur privé, pour l’instant « parcellaires et ponctuelles », doivent changer d’échelle. « En France, où le cloisonnement et le fonctionnement par spécialité est très présent, le potentiel de changement est un enjeu majeur et très structurant pour la filière de santé », constate le rapport.

Accompagner la transition du produit au service

La transformation des industries de santé rejoint également les tendances générales observées avec l’industrie 4.0, notamment le passage de modèles centrés sur le produit vers des modèles de services. « Les offres de santé proposent désormais de considérer le patient/citoyen dans son ensemble pour lui offrir des solutions holistiques pour la gestion de sa pathologie. Ces nouvelles offres amènent les acteurs à se poser des questions stratégiques autour du partage de la valeur, des nouveaux business models qui sont à créer et de la mutualisation des moyens et des compétences. »

Source : « Industrie du futur - enjeux et perspectives pour la filière industries et technologies de santé », étude DGE - PIPAME

AUCUN COMMENTAIRE