Certains métiers de l’entreprises n’hésitent pas à contourner la DSI pour créer leur propre BU numérique. Pourquoi ? Aujourd’hui nous évoquons cette pratique au sein de la direction financière.

Nos deux articles récents sur les décisions d’achats IT prises en dehors de la DSI (« 3 décisions d’achats IT sur 10 sont prises en dehors de la DSI ») et sur les priorités du DAF en matière d’investissements technologiques (« Les priorités du DAF pour les investissements technologiques (Gartner) ») ont mis en exergue la dérive qui tend chez certains DAF à prendre en main leurs projets technologiques et à en écarter la DSI.

Malgré le rappel du rôle essentiel mené par la DSI, tant sur les questions d’infrastructure que de choix des solutions, d’interopérabilité, de sécurité, ou encore de support, et l'invitation à adopter une démarche hybride intégrant, sous le contrôle de la direction générale qui doit agir en sponsor, l’ensemble des composantes de l’entreprise, certains métiers n’intègrent plus la DSI dans les choix stratégiques d’acquisition, de déploiement et de maintien de technologies.

Ces métiers qui créent leur équipe IT

Ces métiers n’hésitent pas à créer une BU (Business Unit) numérique pour prendre en charge leurs projets IT. La finance fait partie de ces métiers qui aujourd’hui quittent le statut de client de la DSI et verticalisent leur démarche d’équipement et de développement IT, créant ainsi ce que l’industrie décrit comme un canal de fournisseurs et partenaires ‘non traditionnels’.

Aujourd’hui, la plupart des priorités stratégiques des métiers sont directement liées au numérique et à l’informatique, ou indirectement tributaires de la technologie. Mais dans la finance, par exemple, la gestion des budgets, l’analyse de la rentabilité ou la gestion des risques sont considérées comme suffisamment différenciantes pour que le DAF crée sa propre équipe informatique. Et peu importe que les solutions d’analyse des données nécessitent des compétences diverses mais difficiles à trouver, ou que la protection des données contre les cyber-attaques et la conformité réglementaire nécessitent une approche transverse et des applications spécifiques de la technologie…

Les priorités de la finance

Au fait, quelles sont les priorités du DAF et de la finance ?

  • 60% - Stratégie de planification et budget
  • 52% - Analyse de la rentabilité
  • 46% - Gestion du risque
  • 44% - Précision des prévisions de trésorerie
  • 35% - Conformité réglementaire
  • 33% - Prévention contre les cyber-attaques et la perte de données
  • 20% - Planification des impôts
  • 12% - Analyse des tableaux de bords

A la recherche d’outils pour éclairer la prise de décision, un directeur financier sur deux fait aujourd’hui appel directement à des fournisseurs technologiques et des consultants externes. Dans le même ordre de grandeur, ils sont 1 sur 2 à se tourner vers leurs pairs, ou à consulter la presse économique (!). Par contre, ils sont 17% seulement à lire la presse spécialisée. Et ils sont près de la moitié à chercher à s’éloigner de leur dépendance vis à vis de l’informatique interne.

Si on les interroge pour connaître leur motivation pour créer leur propre équipe IT, les DAF répondent :

  • 53% - Pour accélérer le temps de réponse et d’achèvement des projets
  • 53% - Une collaboration plus facile et efficace avec le personnel interne dédié aux IT
  • 31% - Pour maintenir un contrôle plus strict sur leur propre personnel
  • 27% - Parce que le cloud a changé les règles sur l’achat, l’approvisionnement et la dotation en personnel

A la recherche de compétences

Voilà pourquoi une majorité de DAF entendent jouer un rôle exclusif à l’intérieur de leur département dans le choix, le déploiement et la gestion de leurs outils informatiques. Ce qui signifie également qu’ils doivent prendre en charge l’ensemble des process, du développement à l’analyse, en passant par la protection des données. Le DAF se crée alors un rôle hybride et cherche à se doter de fonds spécifiques. Sans oublier la délicate mission de recruteur, car la finance a besoin de compétences. Cela a une influence jusque sur les professions ‘technologiques’ que recrute la finance :

  • 44% - Data analyst
  • 40% - Administrateur système
  • 24% - Administrateur de bases de données
  • 23% - Analyste de système business
  • 23% - Spécialiste sécurité
  • 19% - Développeur logiciel
  • 19% - Data scientist
  • 15% - Spécialiste cloud

Source : rapport « Considering the New IT Buyer » de CompTIA

Image d’entête 475636822 @ iStock grafico2013

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