La majorité des emplois actuels sont amenés à changer, sous l’effet de technologies comme l’intelligence artificielle et la robotisation. Le Forum Economique Mondial, dans son rapport 2018 sur le futur du travail, a tenté de chiffrer cet impact. Si les machines vont sans nul doute remplacer un nombre important de postes, elles vont également contribuer à créer de nouveaux métiers.

Des technologies de plus en plus avancées permettent aux entreprises d’envisager l’automatisation d’une part importante de leurs activités. La transformation du marché du travail, sous l’effet de ces évolutions technologiques, est bien engagée. Le Forum Economique Mondial a interrogé plus de 300 groupes à la présence mondiale. Près de 50% d’entre eux s’attendent à ce que l’automatisation entraîne des diminutions de leurs effectifs actuels d’ici 2022. Néanmoins, 38% des répondants prévoient quant à eux un accroissement de leur force de travail afin d’augmenter leur productivité, et plus d’un quart estiment même que l’automatisation va entraîner la création de nouveaux rôles dans leur entreprise.

La part du travail fait par les machines va grimper

Selon le rapport, les technologies vont modifier la frontière entre l’humain et la machine sur beaucoup des tâches existantes. En 2018, les humains effectuent en moyenne 71% des heures de travail dans les 12 secteurs étudiés, contre 29% de tâches exécutées par des machines. En 2022, l’écart devrait sensiblement se resserrer, avec 58% des tâches faites par des humaines et 42% par des machines.

L’automatisation concernera même des activités où l’humain est aujourd’hui majoritaire

Si en 2018, aucune activité professionnelle ne semblait majoritairement exécutable par une machine ou un algorithme, en 2022 ce constat pourrait changer. La contribution des machines à des tâches spécifiques devrait en effet augmenter de 57%. En 2022, 62% des tâches de traitement des données et de recherche d’information seront par exemple conduites par des machines, contre 46% à l’heure actuelle. Même les activités où l’humain est traditionnellement majoritaire devraient commencer à s’automatiser : la communication et les interactions passeraient ainsi de 23 à 30% d’automatisation ; la coordination et le management, de 20% à 29%. Enfin, la prise de décision passerait de 18% à 27%.

Un impact sur l’emploi positif – à condition d’accompagner la transition

Malgré cette tendance forte à l’automatisation, l’impact en termes d’emplois resterait (légèrement) positif selon le rapport. En effet, tous secteurs confondus, les professions émergentes devraient croître de 11%, passant de 16% à 27 % des effectifs totaux. Dans le même temps, la part des professions déclinantes devrait passer de 31 à 21%. Enfin, près de la moitié des postes actuels resteront stables d’ici 2022.

Les organisations interrogées dans le rapport « Future of Work » du Forum Economique Mondial totalisent à elles seuls 15 millions d’emplois dans le monde. A partir de leurs réponses, les auteurs ont extrapolé l’impact de la transformation en cours sur le marché de l’emploi mondial : selon leurs estimations, la nouvelle répartition du travail entre machines et humains pourrait entraîner la disparition d’environ 75 millions d’emplois. Dans le même temps, 133 millions de nouveaux postes mieux adaptés à cette nouvelle donne pourraient émerger. Néanmoins, pour opérer ce basculement, la question, cruciale, des compétences va se poser. Des efforts importants devront être consacrés à la formation, afin d’accompagner le changement majeur que cela représente pour la population active.

Source : The Future of Jobs Report, World Economic Forum

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