Instaurer une culture organisationnelle centrée sur la donnée et ses applications peut accélérer l’adoption de l'analytique, amplifier sa puissance et réduire les risques d’échec. Mais auparavant, il s’avère nécessaire de créer une culture de la donnée, voici comment, selon McKinsey.

« Les révolutions, dit-on, ne reviennent jamais en arrière. Elles ne progressent pas non plus à un rythme constant », explique McKinsey dans sa lettre trimestrielle McKinsey Quarterly à propos de la révolution de la donnée. Aujourd'hui, il est clair que cette révolution est en train de changer les entreprises et les industries d'une manière profonde et irrémédiable.

Mais les changements ne sont ni uniformes ni linéaires, les recherches de McKinsey suggèrent que l'écart entre les leaders et les retardataires dans l'adoption de l'analytique se creuse. L'émergence de l'analyse de données en tant que réalité omniprésente de la vie organisationnelle moderne signifie qu'une culture de données saine devient de plus en plus importante pour les entreprises.

Voici les sept principaux enseignements tirés des conversations eues avec des dirigeants et d'autres qui sont à l'avant-garde de la culture des données. « Aucun de ces leaders ne pense qu'il a "résolu" la culture des données, ni qu'il y a une ligne d'arrivée. Mais ils transmettent tous un élan acquis grâce à cette culture.

La culture de la donnée, c'est la culture de la décision

L’analyse est le but ultime de la collecte des données. « N'abordez pas l'analyse des données comme une « expérience scientifique cool » ou un exercice pour le plaisir de recueillir des données. L'objectif fondamental de la collecte, de l'analyse et du déploiement des données est de prendre de meilleures décisions ».

Rob Casper, Chief data officer chez JPMorgan Chase : « le meilleur conseil que je puisse donner aux cadres supérieurs qui tentent d'élaborer et de mettre en œuvre une culture des données est de rester très fidèle au problème commercial : qu'est-ce que c'est et comment pouvez-vous le résoudre ? Si vous comptez simplement sur d'énormes quantités de données dans un lac de données, vous vous faites des illusions. Le volume n'est pas une stratégie viable en matière de données. L'objectif le plus important est de trouver ces problèmes commerciaux et d'y consacrer vos efforts de gestion des données. La résolution de ces problèmes doit faire partie de votre stratégie en matière de données.

La culture de la donnée, les impératifs des cadres dirigeants et le conseil d'administration

« D'après notre expérience, expliquent les rédacteurs de la lettre, le manque de vision des cadres dirigeants provient souvent d'une confusion entre l'analytique traditionnelle (c'est-à-dire, la business intelligence et le reporting) et l'analytique avancée (outils prédictifs et prescriptifs puissants tels que l'apprentissage machine) ».

L’engagement du PDG et du conseil d’administration est essentiel. Mais cet engagement doit se manifester plus que par des déclarations occasionnelles. Il doit y avoir un échange continu et éclairé avec les principaux décideurs et ceux qui dirigent les initiatives relatives aux données dans l’ensemble de l’organisation.

Démocratisation de la donnée

Permettez aux utilisateurs de travailler avec les données et y trouveront certainement matière à inférer à tour de bras. C’est l’effet inévitable que les données ont sur ceux qui les utilisent. Mais imposer des outils du haut vers le bas n’est pas suffisant. Pour créer un avantage concurrentiel, il faut stimuler la demande de données à la base.

‘Nous avons observé, expliquent les rédacteurs, que les organisations qui ont des initiatives analytiques réussies intègrent des capacités analytiques dans leurs cœurs de métier. La centralisation excessive crée des goulots d’étranglement et conduit à un manque d’adhésion. Et la décentralisation comporte le risque que différents modèles de données ne se connectent pas’.

La culture de la donnée et les risques induits

Une culture de données efficace place le risque au cœur même de votre proposition de valeur en identifiant les implications éthiques, sociales et règlementaires potentielles des initiatives analytiques. Bien que les entreprises doivent identifier leurs ‘lignes rouges’ et les respecter, la gestion des risques doit fonctionner comme un accélérateur intelligent, en introduisant de manière responsable l’analyse dans les processus et interactions clés.

Il est impératif de prévoir comment les cas d’utilisation numérique vont acquérir et consommer les données et de comprendre s’il y a des compromis au niveau des exigences règlementaires ou des questions éthiques.

Les catalyseurs de la culture de la donnée

Instaurer une culture durable de la data dans l’entreprise ne se décrète pas et l’impulsion venant des instances de direction ne suffit pas. ‘Pour vraiment s’assurer de l’adhésion, il faut que quelqu’un mène la charge’. Pour ce faire, il faut des porteurs de message qui peuvent faire le pont entre le monde de la science des données et celui des opérations sur le terrain. Et habituellement, les agents du changement les plus efficaces ne sont pas des digital natifs. Le moyen le plus sûr de répandre la culture de la donnée est de former des intermédiaires qui vont prêcher la bonne parole auprès de leurs collègues. Habituellement, c’est le middle management qui peut prendre en charge cette mission avec le plus probabilités de réussite.

Casser les murs ou la création d’un écosystème de partage des données

On parle de plus en plus d’un virage à venir vers les écosystèmes de la donnée, avec l’hypothèse qu’une valeur beaucoup plus grande sera fournie aux clients en rassemblant une gamme des meilleures données et des meilleurs actifs analytiques disponibles sur le marché plutôt qu’en créant tout en interne. Pourtant, les leaders en matière de données construisent des cultures qui considèrent les données comme le joyau de la couronne, et l’analyse des données est considérée à la fois comme une propriété exclusive et comme une source d’avantages concurrentiels dans un monde intensément interconnecté. (Pour en savoir plus sur le potentiel et les périls du partage de données, voir Shaking up the value chain, sur McKinsey.com).

Un mariage réussi des talents et de la culture de la donnée

Créer une culture de la donnée c’est déjà un premier pas vers le succès, mais sans un mariage réussi des talents et de la donnée, point de prédictions pertinentes. La concurrence pour les talents en matière de données est acharnée. Mais il y a un autre élément en jeu : l’intégration des talents adaptés à votre culture de la donnée. Pour ce faire, il faut talents et la transformation de ceux qui sont déjà en place. Ayez une vision plus large du recrutement et un regard plus précis sur les compétences dont votre équipe de collecte de données a besoin. Pour ce faire, la définition des rôles est une première étape importante dans la recherche et l’intégration des talents appropriés à votre culture de données.

Sources : McKinsey

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