Gartner prévoit une croissance de 17,3 % du marché des services de cloud public cette année par rapport à l’année 2018.  Et les entreprises utilisant une stratégie hybride (combinant des clouds publics et privés) ont augmenté de 58% en 2019, contre 51% en 2018 selon une enquête de RightScale parue en mars dernier. Mais comment les DSI adaptent-ils leur organisation et les métiers à cette évolution. Conseils et retours d’expérience de responsables informatiques.

En migrant une partie de leur SI vers le cloud hybride, les entreprises doivent nécessairement revoir leurs processus et l’organisation de certaines tâches.

"Nous étions dotés d'un personnel informatique traditionnel, avec des équipes de développement et des équipes d'infrastructure séparées ", explique Scott Terrell, DSI de HealthMarkets, un fournisseur de plates-formes de services de santé texan.

Aujourd'hui, dans un environnement hybride, il constate que les compétences portent moins sur les silos que sur la façon dont chacun utilise des outils basés sur le cloud (dont Microsoft Azure) pour gérer et surveiller l'évolutivité.

Comprendre l'impact des dépenses

Scott Terrell reconnaît avoir été confronté très tôt à une certaine résistance. « Notre équipe IT n'était pas nécessairement enthousiasmée par ces nouvelles taches. Mais, finalement, ils y ont vu l'occasion d'acquérir de nouvelles compétences et de se libérer de la maintenance de routine… ». Selon lui, il est indispensable d’être honnête et transparent avec son équipe sur l’évolution de leurs missions.

Pour J.R. Storment, co-fondateur de Cloudability et de FinOps Foundation ( association professionnelle chargée de promouvoir les meilleures pratiques dans le cloud), les règles, les mentalités et les perceptions doivent s'adapter à un monde de dépenses opérationnelles (par opposition aux dépenses en capital) et d'évolutivité en temps réel (par opposition aux longs cycles d'approvisionnement).

« Avec le cloud, les ingénieurs et les équipes métier doivent interagir avec la finance autour de la visibilité quotidienne sur les coûts. Il est essentiel de comprendre l'impact de leurs dépenses et de prendre ensemble de meilleures décisions », explique-t-il.

« Cela peut être une transition douloureuse parce qu'il y a énormément de nouvelles connaissances qu'il faut comprendre et de nouvelles compétences à acquérir. C'est un peu comme boire dans une lance à incendie ", dit-il.

Un processus d'apprentissage continu

De son côté, Christopher Gerhardt, président de GrayBeard, un cabinet-conseil de Richmond, en Virginie, qualifie le « cloud hybride d'illusion ». Selon lui, les environnements hybrides obligent les entreprises à faire face à tous les problèmes liés à l'exploitation d'un data center ainsi qu'à l'empreinte écologique.

"Vous avez besoin de nouvelles compétences mais aussi d'anciennes compétences, car vous n'obtiendrez jamais tous les avantages du cloud si vous n'êtes pas prêt à faire évoluer votre organisation ", affirme Christopher Gerhardt. Et de conseiller de « gérer ce projet avec soin et avec tous les métiers et collaborateurs car l'honnêteté est la meilleure politique lorsqu'on déménage dans le cloud ».

Pour migrer son ERP vers le cloud, Christopher Gerhardt indique qu’il a fallu six mois de planification et de discussion avec la direction et la DRH, puis 18 autres mois pour terminer le renouvellement du personnel. Son principal conseil ? Ne pas sous-estimer la valeur des collaborateurs.

Selon Scott Terrell, « la meilleure façon de redéfinir et d'optimiser votre personnel en vue d'un environnement hybride 'est d'encourager la curiosité et l'innovation. C’est un processus d'apprentissage continu. »

Source : Networkworld.com

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