La promotion 2026 du Label France Cybersecurity réunit 91 solutions portées par 85 entreprises françaises, dont 22 premières labellisations. Annoncée en amont du Forum InCyber, cette édition survient dans un contexte géopolitique qui transforme le choix d’une solution de cybersécurité en décision stratégique, bien au-delà des seuls critères techniques ou financiers.

Créé en 2015 dans le cadre de la Nouvelle France Industrielle, le Label France Cybersecurity repose sur une gouvernance à trois collèges indépendants : les industriels du secteur, représentés par l’ACN et Hexatrust ; les utilisateurs, via le CESIN, le CIGREF et le GITSIS ; et les pouvoirs publics, avec l’ANSSI, la DGA, la DGE et Business France. L’attribution du label s’appuie sur des expertises réalisées par des tiers indépendants, ce qui le distingue des démarches d’auto-déclaration. Les solutions labellisées doivent être conçues, développées et opérées en France — une condition qui enracine le dispositif dans le cadre juridique européen. Pour les acheteurs publics et privés, le label constitue un repère dans un marché où la dépendance technologique est désormais identifiée comme un vecteur de vulnérabilité.

La promotion 2026 couvre un spectre large de catégories : la gestion des vulnérabilités, la protection DNS et DDoS, la gestion des identités et des accès, le chiffrement, la sauvegarde souveraine, le DFIR, les tests d’intrusion, la visioconférence sécurisée, l’hébergement de données de santé, et la formation. Parmi les 22 premières labellisations figurent notamment Mailinblack avec U-Cyber 360°, Leviia avec ses offres de stockage cloud souverain, Secdojo avec sa plateforme d'entraînement cyber de nouvelle génération, et Pradeo avec sa suite de sécurité mobile.

Une référence pour les acheteurs publics

La dimension géopolitique est explicitement revendiquée dans le positionnement de cette promotion. Maxime Alay-Eddine, président du label, formule l’enjeu : « Dans un contexte international de plus en plus complexe, le label est un repère de confiance pour les acheteurs qui souhaitent contribuer activement à la résilience de leurs organisations. » Le label est présenté comme un outil d’orientation de la commande publique et privée vers des solutions dont la chaîne de valeur reste sous contrôle français et européen.

Pour Jean-Noël de Galzain, président d’Hexatrust, le message adressé au marché est celui de la crédibilité de l’alternative : « Les alternatives existent, elles sont performantes et elles s’inscrivent dans un cadre de confiance conforme à nos exigences européennes. Dans un contexte d’instabilité géopolitique, orienter la commande vers ces solutions est un acte stratégique autant qu’économique. » Grégory Wintrebert, Président de l’ACN, insiste sur la lisibilité pour les acheteurs : le label constitue « un repère simple et fiable dans un marché complexe ».

22 premières labellisations, ou la vitalité d’un segment

Les 22 nouvelles entrées dans la promotion 2026 reflètent les segments où la pression réglementaire et les incidents récents ont accéléré la structuration de l’offre française. La protection de la messagerie et la sensibilisation au hameçonnage figurent en bonne place, avec Mailinblack et Hucency. Le stockage souverain est représenté par Leviia et Inspeere, dont la solution Datis revendique une architecture de sauvegarde distribuée et résiliente. La réponse à incident et le DFIR mobilisent plusieurs entrants, dont Bouygues Telecom Business Solution et Inquest.

La présence de Secdojo, avec sa plateforme de cyber range nouvelle génération, illustre la structuration d’un segment — la formation par la simulation d’attaques — dont la pertinence est directement liée aux exigences de NIS2 en matière de sensibilisation et d’exercices de crise. La labellisation de Tixeo, solution de visioconférence sécurisée, confirme que le périmètre du label couvre désormais des usages collaboratifs dont la sécurisation est devenue un enjeu opérationnel pour les organisations soumises à des obligations de confidentialité.

simplifier la présélection dans les appels d’offres

Le Label France Cybersecurity apporte une garantie d’origine et de souveraineté, mais ne se substitue pas aux qualifications ANSSI, aux certifications Common Criteria ou aux évaluations sectorielles spécifiques. Son utilité principale est de simplifier la phase de présélection dans des appels d’offres où la maîtrise de la chaîne de valeur et l’ancrage juridique européen sont des critères explicites.

La promotion 2026 couvre l’ensemble des couches d’une architecture de sécurité d’entreprise : la protection du réseau et des DNS, la gestion des identités et des accès, la détection et la réponse aux incidents, la sauvegarde et la reprise d’activité, la conformité et la gouvernance des risques. Pour les organisations soumises à NIS2 ou à DORA, dont les exigences de résilience opérationnelle impliquent une cartographie précise des dépendances technologiques, la liste des 91 solutions labellisées constitue un référentiel d’appui utilisable dès les phases amont de qualification fournisseur.