Le gouvernement a dévoilé la stratégie nationale de cybersécurité 2026–2030 lors d’une présentation au Campus Cyber Nouvelle-Aquitaine, avec un programme centré sur les PME et les collectivités, principales cibles des rançongiciels et des campagnes d’hameçonnage. Le ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique pilote cette feuille de route, qui formalise cinq axes d’action, un guichet unique d’assistance et un programme national de développement des compétences.

L’annonce du 29 janvier 2026 établit un cadre commun d’exécution pour l’État, les opérateurs et les régions, en parallèle avec l’expansion des exigences européennes NIS 2. En pratique, le dispositif combine une sensibilisation dès l’enseignement secondaire, un accompagnement des dirigeants de PME par diagnostics de maturité cyber et un parcours d’assistance post-incident centralisé. Ce mécanisme articule la prévention, la détection et la remédiation, ce qui permet aux DSI et aux RSSI locaux de déployer des plans de réponse standardisés, de hiérarchiser le durcissement des systèmes hérités et de cadrer les investissements liés à la protection des postes, des serveurs et des sauvegardes hors ligne.

La stratégie décline cinq piliers opérationnels, dont la constitution d’un vivier national de compétences, l’élévation du niveau de protection des organisations exposées, l’entrave des chaînes d’attaque industrialisées, la sécurisation des technologies numériques essentielles et la contribution française à la stabilité du cyberespace européen. Autrement dit, l’État combine la formation certifiante, les guides techniques de configuration, les exercices de crise informatique et le partage d’indicateurs de compromission. De ce fait, les équipes informatiques disposent de référentiels communs pour durcir les annuaires, segmenter les réseaux, journaliser les accès privilégiés et tester les plans de reprise d’activité, avec un impact direct sur la priorisation des correctifs et sur la gouvernance des identités.

Un parcours d’assistance unifié

Pour les PME et les collectivités, l’exécution opérationnelle repose sur une plateforme nationale de prévention et sur un guichet d’assistance unifié animé par Cybermalveillance.gouv.fr, complétés par des campagnes ciblées et des parcours guidés après incident. Ainsi, un dirigeant ou un responsable informatique peut déclencher une aide, recevoir des recommandations techniques et accéder à des prestataires référencés. Ce processus raccourcit les délais de prise en charge, ce qui implique pour les RSSI territoriaux une coordination plus rapide des notifications, une collecte forensique accélérée et une remise en service priorisée des applications métiers.

Pour une PME de cinquante à deux cents postes ou pour une collectivité disposant d’une équipe informatique réduite, cette stratégie se traduit par une charge opérationnelle immédiate, avec la nécessité de cartographier les actifs numériques, d’identifier les comptes à privilèges, de vérifier l’isolement des sauvegardes et de documenter les procédures de reprise. En pratique, un DSI doit prioriser le déploiement de l’authentification multifacteur, la segmentation des réseaux bureautiques et métiers, ainsi que la centralisation des journaux, ce qui implique des arbitrages budgétaires rapides entre postes de sécurité, renouvellement d’infrastructure et prestations externes. Ce mécanisme transforme la cybersécurité en poste de dépense structurant, avec des impacts directs sur la planification des projets numériques locaux et sur la disponibilité des compétences internes.

Un accélérateur de marché pour l’écosystème cyber français

Cette feuille de route agit également comme un accélérateur de marché pour l’écosystème cyber français, en favorisant le recours à des offres packagées de diagnostic, de supervision et de réponse à incident proposées par les intégrateurs, les opérateurs de services managés et les éditeurs spécialisés. Dès lors, la mise en conformité avec NIS 2 devient un moteur de contractualisation, ce qui entraîne une standardisation progressive des audits, des plans de remédiation et des contrats de surveillance. Pour les DSI et les RSSI de terrain, cela signifie une dépendance accrue à des prestataires capables d’assurer la détection continue, la gestion des alertes et l’accompagnement post-attaque, avec une pression supplémentaire sur les délais d’intervention et sur la coordination entre acteurs publics et privés.

Le texte introduit également des outils de valorisation des démarches de sécurisation, dont des labels et des grilles de maturité, en complément des contrôles réglementaires. C’est pourquoi les DSI disposent d’indicateurs concrets pour piloter la conformité, documenter les écarts de configuration et arbitrer entre la sécurisation des environnements collaboratifs, la protection des accès distants et le déploiement de sauvegardes immuables. Dès lors, l’efficacité de la stratégie dépendra du rythme de diffusion des formations, de la disponibilité des experts de terrain et de la capacité des organisations à transformer ces référentiels en procédures quotidiennes, avec des effets mesurables sur les temps de détection, sur les délais de remédiation et sur la continuité des services publics locaux.

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