Celeste, opérateur fibre, cloud et cybersécurité dédié aux entreprises, rejoint Hexatrust, l'association qui fédère plus de 130 acteurs français et européens de la cybersécurité et du cloud de confiance. Cette adhésion intervient alors que 49 % des entreprises n’ont toujours pas défini de plan de conformité selon le Baromètre de la souveraineté numérique 2025 d'Hexatrust et EY France. Pour Celeste, l'intégration à cet écosystème valide son positionnement d'alternative souveraine crédible.

Celeste s'est construit sur un modèle d'indépendance opérationnelle totale : maîtrise intégrale de l'infrastructure, avec plus de 13 000 km de réseau fibre optique propriétaire déployés en France et en Suisse, six centres de données dont trois certifiés ISO 27001 et Hébergement de Données de Santé (HDS), et une offre cloud souveraine. Ce modèle verticalement intégré, rare parmi les opérateurs de taille intermédiaire, constitue le socle sur lequel repose la candidature de l'entreprise à Hexatrust.

Hexatrust n'est pas une simple association professionnelle. L'adhésion y est conditionnée à des critères stricts : les membres doivent être des entreprises de droit français ou européen, indépendantes de tout contrôle capitalistique extra-européen, proposant des solutions qualifiées ou certifiées par des organismes reconnus — ANSSI pour les produits de sécurité, qualification SecNumCloud pour les offres cloud, certifications ISO 27001 ou HDS selon les cas. Ces exigences font d'Hexatrust un filtre de marché : en fédérant 130 membres représentant 10 000 salariés, l'association constitue de facto un référentiel de confiance pour les acheteurs publics et privés soumis à des obligations de souveraineté.

L’accès à un réseau de synergies souveraines

Pour Celeste, l'intégration à cet écosystème produit un double bénéfice. D'une part, elle renforce la visibilité de l'opérateur auprès des décideurs IT et des pouvoirs publics dans un contexte où NIS 2, DORA et le règlement européen sur la cyber-résilience multiplient les obligations d'approvisionnement auprès d'acteurs de confiance. D'autre part, elle ouvre l'accès à un réseau de synergies avec des éditeurs de solutions de sécurité, des intégrateurs et des fournisseurs cloud dont les offres sont complémentaires à celles de Celeste, et dont la combinaison peut constituer des réponses complètes aux appels d'offres des secteurs régulés.

Le marché adressé par Celeste via Hexatrust est précisément celui que NIS 2 est en train de restructurer. Les 10 000 entités françaises nouvellement soumises à la directive, opérateurs de services essentiels, administrations, acteurs des secteurs santé, énergie, transport, doivent désormais justifier de la robustesse de leur chaîne d'approvisionnement numérique, y compris de leurs prestataires cloud et télécom. Dans ce contexte, recourir à un opérateur membre d'Hexatrust, dont l'infrastructure est certifiée ISO 27001 et HDS et dont le capital est indépendant de toute entité extra-européenne, constitue un argument de conformité directement opposable aux exigences réglementaires.

Face aux offres des hyperscalers américains, dont l'exposition structurelle au Cloud Act reste un point de friction pour les données sensibles, indépendamment de leurs certifications, Celeste dispose d'un avantage juridictionnel que l'appartenance à Hexatrust formalise et amplifie. Nicolas Aubé, Président et fondateur de Celeste, formule cette ambition : « Notre infrastructure propriétaire, du réseau fibre aux datacenters et au cloud, constitue le socle sur lequel repose la confiance numérique. Aux côtés des meilleurs acteurs français, nous amplifions notre impact collectif pour offrir une alternative souveraine crédible face aux géants mondiaux. »

Une filière souveraine qui pèse dans le débat réglementaire

Au-delà de la dimension commerciale, l'adhésion de Celeste à Hexatrust dessine une dynamique de structuration collective de la filière souveraine française. L'association joue un rôle actif de représentation auprès des pouvoirs publics, Commission européenne, ANSSI, direction interministérielle du numérique, dans les débats sur le Cyber Resilience Act, le règlement eIDAS 2 et les conditions d'accès aux marchés publics numériques. Pour un opérateur de la taille de Celeste, participer à ces travaux via Hexatrust représente un levier d'influence que les entreprises isolées ne peuvent exercer individuellement.

La question qui demeure ouverte est celle du rythme de mise en conformité des entités concernées par NIS 2, la croissance du marché de la souveraineté. Avec 49 % d'organisations encore sans plan d'action défini, ce marché reste largement sous-exploité. Les acteurs de la filière Hexatrust, Celeste inclus, ont un intérêt direct à ce que cette mise en conformité s'accélère, et un rôle à jouer pour lever les freins, en réduisant la complexité perçue auprès des décideurs IT par exemple.