Si l’informatique quantique reste actuellement un domaine expérimental, certaines entreprises réfléchissent déjà aux usages qu’elles pourraient en faire et s’appuient sur des outils de simulation pour en explorer le potentiel.

Dans un livre blanc réalisé pour Fujitsu, les analystes du teknowlogy Group ont identifié plusieurs secteurs pour lesquels l’informatique quantique pourrait bien être un levier de transformation majeur. Il s’agit notamment des services financiers, des sciences du vivant du secteur automobile et des autres industries manufacturières, des transports et des services collectifs.

Pour cette étude, les analystes du teknowlogy group ont commencé par évaluer l’intérêt des entreprises pour l’informatique quantique, en interrogeant en détail plus de 300 décideurs dans des entreprises européennes et nord-américaines. Plus des deux-tiers (69%) des sondés ont entendu parler de l’informatique quantique, et près de la moitié (48%) estiment en avoir une bonne, voire une très bonne compréhension. C’est dans le secteur financier que les répondants sont les plus familiers de l’informatique quantique, avec 54% des sondés qui connaissent bien ce domaine encore émergent.

Un intérêt marqué dans les services financiers

Cette avance se reflète dans la proportion d’entreprises qui envisagent d’explorer les cas d’usage possible de l’informatique quantique dans leur domaine : le secteur financier est en tête, avec 31% des sondés, suivi par les industries manufacturières et le transport à égalité (28%). Cette volonté d’exploration est nettement moins marquée dans les services collectifs (17%), la distribution (15%) et les sciences du vivant (5%).

Une majorité des répondants (50%) ne s’attendent pas à voir l’informatique quantique sortir des laboratoires avant 10 à 20 ans. Néanmoins, 27% pensent que les premières applications pourraient démarrer dans les 5 à 10 ans qui viennent, et 14% sont très optimistes en estimant ceci possible dans les 5 ans qui viennent.

79% des sondés perçoivent l’informatique quantique comme un vecteur de changement profond pour leur industrie, et 52% pour leur propre entreprise. C’est dans les services financiers et les services publics que cette perception est la plus répandue, avec respectivement 61% et 59% de répondants convaincus.

5 cas d’usage possibles pour l’informatique quantique

Parmi les cas d’usage possibles, l’informatique quantique pourrait notamment répondre aux besoins suivants :

  • Dans les services financiers, elle ouvre la voie à des simulations de type Monte-Carlo bien plus complexes pour le trading, l’optimisation des prix ou le suivi de la stabilité des marchés. A la clef, des possibilités d’optimisation des portefeuilles bien plus poussées qu’actuellement.
  • Dans la santé, le séquençage de l’ADN, et la détection des cancers pourraient être accélérés. L’informatique quantique pourrait aussi permettre d’optimiser les traitements par radiothérapie, en analysant le parcours des radiations dans le corps humain pour réduire au maximum l’exposition des patients aux rayons X.
  • La réalisation de simulations à l’échelle atomique ouvre des perspectives prometteuses dans l’industrie manufacturière, notamment pour découvrir de nouvelles propriétés associées aux matériaux.
  • Dans les transports, c’est notamment l’optimisation du trafic qui est à l’étude, ainsi que la gestion de flottes et les véhicules autonomes.
  • Dans les services collectifs et l’énergie, l’informatique quantique pourrait faciliter l’optimisation des réseaux de distribution d’eau et d’énergie.

Le rapport cite également plusieurs grandes organisations qui ont d’ores et déjà initié des programmes pour explorer le potentiel de l’informatique quantique, parmi lesquelles Airbus, le chimiste BASF, le groupe bancaire RBS, le département américain de l’énergie et le fabricant automobile Volskwagen. Ces programmes prennent la forme de concours, de soutien aux startups du domaine, ou encore de projets expérimentaux basés sur des technologies simulant le fonctionnement des ordinateurs quantiques.

Source : Livre blanc Fujitsu / teknowlogy Groupe

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