Suite à de nombreux scandales concernant le partage de vidéos faussement modifiées en 2019, Facebook a décidé d’interdire les deepfakes au niveau de sa plateforme dans le cadre d’une nouvelle politique sur les médias manipulés. En début de semaine, Monica Bicket, la vice-présidente de la gestion des politiques mondiales de Facebook, a déclaré dans un article de blog que les vidéos manipulées qui induisent en erreur, ainsi que celles créées par une intelligence artificielle ou avec des algorithmes, seront supprimées. Malgré le fait que le réseau social ait interdit la plupart des exemples de manipulation de vidéos les plus flagrantes, cette nouvelle politique a été vivement critiquée par certains membres du Congrès. En faisant référence aux deux vidéos deepfake qui ont suscité l’indignation en 2019 dont l’une montrant Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre, ivre, et l’autre une déclaration coupée de l’ancien Vice Président Joe Biden suggérant qu’il a émis des propos racistes, les membres du Congrès ont déclaré que cette nouvelle politique comporte certaines failles. Selon eux, les deux vidéos ont été surement créées avec un logiciel d’édition facilement accessible comme iMovie ou Première. Toutefois, elles n’ont  pas été éditées pour faire dire de nouveaux mots à Nancy Pelosi et Joe Biden, donc ce type de vidéo ne sera probablement pas pris en compte par ces nouvelles règles.

Drew Hammil, le chef de cabinet adjoint de Nancy Pelosi, a félicité le changement apporté par Facebook pour interdire les vidéos deepfakes. Cependant, il a déclaré que le vrai problème réside dans le fait que la plateforme refuse d’arrêter la propagation des fausses informations. Bill Russo, le porte-parole de la campagne électorale de Joe Biden, a également déclaré que le changement apporté par Facebook ne constitue pas une politique destinée à résoudre le vrai problème de la désinformation, mais plutôt une illusion de progrès. Pour le moment Facebook n’a pas encore interdit le partage des publicités politiques sur sa plateforme, contrairement à Twitter qui l’a déjà fait quelques semaines après la publication de la fausse annonce de Joe Biden. Malgré cela, Facebook a insisté sur le fait que sa plateforme n’acceptera plus les contenus médiatiques manipulés dans les publicités, qu’ils soient publiés par des politiciens ou par quelqu’un d’autre.

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