AMD clôt l’exercice deux mille vingt-cinq sur un chiffre d’affaires annuel de 34,64 milliards de dollars, en hausse de trente-quatre pour cent, tandis que le quatrième trimestre atteint 10,27 milliards de dollars, ce qui confirme un basculement durable du modèle économique vers les centres de données et l’intelligence artificielle.

Cette progression provient directement de la division Data Center, qui génère 5,4 milliards de dollars au quatrième trimestre et 16,6 milliards de dollars sur l’année, car l’adoption des processeurs serveurs EPYC et des accélérateurs Instinct s’accélère dans les environnements cloud et IA. En pratique, les hyperscalers et les opérateurs de centres de données privilégient ces plateformes pour améliorer la densité de calcul par rack et réduire la consommation énergétique par charge de travail.

Le segment Client & Gaming atteint 3,9 milliards de dollars sur le trimestre, en hausse de trente-sept pour cent, conséquence directe du redémarrage du marché PC et du renouvellement des flottes autour des Ryzen. À l’inverse, l’activité embarquée reste quasi stable, ce qui traduit la persistance de cycles industriels longs et de stocks élevés chez certains intégrateurs, et confirme que la croissance d’AMD repose désormais principalement sur le calcul intensif.

Réduire les délais de mise en service des clusters IA

Cette ventilation met en évidence un déplacement de la valeur vers les infrastructures de données, puisque la marge brute non GAAP atteint cinquante-deux pour cent et que le résultat net ajusté progresse fortement. Pour les DSI, cela se traduit par une offre serveur plus compétitive sur le marché x86, avec des gains mesurables en performance par watt et une diversification des architectures disponibles pour les projets IA et analytiques.

En parallèle, Intel publie un quatrième trimestre à 13,7 milliards de dollars, en recul annuel, car la faiblesse du segment PC pèse sur l’ensemble du groupe malgré une reprise partielle de son activité Data Center & AI. Cette divergence de trajectoire s’explique par des cycles de production plus rapides chez AMD et par un modèle de fabrication sans usine (fabless) qui permet d’absorber plus rapidement la demande de capacités de calcul. Intel, quant à lui, doit moderniser simultanément ses procédés de fabrication et relancer ses gammes Xeon.

Les résultats d’AMD reflètent également la progression de ses partenariats avec les opérateurs cloud, les intégrateurs de centres de données et les éditeurs de piles logicielles IA, car l’industrialisation conjointe du matériel et du logiciel accélère les déploiements en production. Ce couplage matériel-logiciel réduit les délais de mise en service des clusters IA et améliore la prévisibilité des performances pour les équipes infrastructures.

Un marché axé sur l’IA et les centres de données

Pour les organisations, l’impact est opérationnel.

La concurrence accrue entre fournisseurs de processeurs serveurs crée une pression à la baisse sur le coût du calcul, facilite l’arbitrage entre capacités internes et cloud, et ouvre des marges de manœuvre sur la planification capacitaire. D’un marché historiquement dominé par le PC, l’écosystème bascule vers une économie centrée sur l’IA et les centres de données, ce qui impose aux DSI d’intégrer plus tôt les contraintes énergétiques, les chaînes d’approvisionnement en semiconducteurs et la dépendance fournisseur dans leurs feuilles de route infrastructure.

À court terme, la dynamique observée en deux mille vingt-cinq indique une poursuite de la croissance des investissements IA, donc une demande soutenue pour les plates-formes serveur haute densité. Cette recomposition du marché transforme AMD en acteur central du calcul d’entreprise, tandis que les directions IT doivent désormais piloter leurs architectures autour de critères de performance IA, de coûts d’exploitation et de résilience des approvisionnements matériels.

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