Les entreprises européennes accélèrent la structuration de leur infrastructure agentique, transformant des contraintes réglementaires et opérationnelles en leviers d’innovation. La généralisation des systèmes multi-agents, le recentrage sur la gouvernance et l’intégration de la donnée temps réel marquent une nouvelle étape vers une automatisation pilotée et sécurisée. Selon les estimations d’UiPath, d’ici 2028, 70 % des entreprises qui utilisent des agents multi-LLM auront mis en place une orchestration centralisée. De plus, la région EMEA émerge comme un terrain d’essai pour une intelligence artificielle responsable, conforme et durable.
La diffusion rapide de l’automatisation agentique s’appuie sur un contexte marqué par la nécessité de repenser les modèles opérationnels. Plus des trois quarts des dirigeants interrogés par UiPath estiment que l’IA agentique aura un impact plus profond sur le travail que ne l’a eu Internet. En 2026, la majorité des entreprises ont intégré des agents à leurs opérations, une dynamique jugée « inéluctable » par le rapport, avec une priorité donnée à l’orchestration, la gouvernance et l’optimisation en continu. Les flux de travail humains traditionnels montrent leurs limites face à la complexité et à l’autonomie requises par les systèmes agentiques, rendant indispensable l’adoption d’un nouveau socle technologique axé sur la gestion de l’interopérabilité, la surveillance en temps réel et la capacité d’adaptation rapide.
Le passage de l’expérimentation à l’exécution s’est opéré dès 2025, année durant laquelle 65 % des organisations ont testé ou déployé des systèmes d’agents. Cependant, le taux de réussite reste modeste : seules 5 % des entreprises ont obtenu des retours financiers significatifs sur ces initiatives selon le MIT, alors que 70 à 80 % des projets n’ont pas atteint l’échelle de l’entreprise. Malgré ces obstacles, les budgets consacrés à l’IA agentique poursuivent leur croissance : IDC prévoit que ce segment représentera 10 à 15 % des dépenses informatiques en 2026, pour atteindre 1 300 milliards de dollars d’ici 2029. Désormais, la majorité des conseils d’administration exigent une stratégie claire et un retour sur investissement démontrable, marquant une inflexion vers une IA d’entreprise orientée résultats mesurables. La généralisation des solutions agentiques verticales bouleverse la logique d’investissement : selon une étude du MIT, les projets externalisés ou menés en partenariat ont deux fois plus de chances d’aboutir à des résultats mesurables que les développements internes. Les solutions verticales, prêtes à l’emploi et adaptées à un domaine spécifique, ont été testées et se conforment aux normes en vigueur. Elles permettent de déployer des experts spécialisés, des schémas de données préétablis et des mécanismes d’orchestration robustes, tout en assurant l’intégration avec les systèmes existants. Les secteurs de la finance (crédit et conformité), de la santé (gestion des remboursements), de la logistique et du commerce de détail sont à la pointe de l’intégration de ces solutions. Cette dynamique est renforcée par la nécessité de garantir la conformité et la traçabilité dès la conception, réduisant ainsi les délais de rentabilisation et les risques de défaillance. L’année 2026 marque la bascule vers les systèmes multi-agents (SMA), où la collaboration entre agents spécialisés, robots et humains devient la norme. Le recours à ces SMA permet de réduire les erreurs jusqu’à 60 %, d’accélérer l’exécution de 40 % et de baisser les coûts de 25 % par rapport aux processus classiques. Les industries fortement réglementées, comme la banque, l’assurance et l’énergie, perçoivent les SMA comme un outil de conformité et de résilience.
Selon les prévisions, le marché mondial des SMA, évalué à 6,3 milliards de dollars en 2025, devrait croître à un taux annuel composé de 45,5 % jusqu’en 2034. Pour les DSI, cette évolution implique une montée en compétence, une refonte des processus et la définition de nouveaux indicateurs de performance, axés sur la résilience, la coopération et la détection des erreurs, au-delà des simples gains de productivité. L’adoption massive des agents s’accompagne d’un déficit de gouvernance préoccupant : alors que 75 % des entreprises déclarent avoir intégré l’IA dans leurs opérations essentielles, seulement un tiers disposent de mécanismes de gouvernance matures, et 1 % seulement orchestrent efficacement leurs agents à l’échelle selon Everest Group. Pour assurer un contrôle centralisé, il est crucial de mettre en place des « centres de commandement » qui assurent la gestion des flux, la définition de politiques codifiées, la visibilité de bout en bout et la capacité d’intégrer des modèles externes de manière flexible. Gartner prévoit que d’ici 2028, 70 % des entreprises opérant des SMA et multi-LLM utiliseront une plateforme d’orchestration centralisée. Cette structuration permet de passer des projets pilotes isolés à une gestion industrielle, en alignant supervision, conformité et contrôle opérationnel sur les exigences de sécurité et de fiabilité attendues par les DSI et les RSSI.Verticalisation et percée des solutions sectorielles
Du mono-agent à l’orchestration multi-agents : l’ère du collectif
Orchestration centralisée et gouvernance intégrée
Sécurité, traçabilité et souveraineté des données à l’ère agentique
L’essor des agents autonomes expose les organisations à de nouveaux risques : 96 % des responsables informatiques considèrent désormais ces agents comme une source de risque croissant. Moins de la moitié des entreprises ont formalisé des politiques de gestion du cycle de vie des agents, alors que la priorité va à la codification des règles, à l’intégration de l’observabilité et à la supervision humaine en temps réel. Les technologies de gouvernance intégrée, moteurs de politiques, contrôles d’accès granulaires et protocoles d’interopérabilité se multiplient dans les offres des fournisseurs.
En parallèle, la maîtrise des données prend une dimension stratégique : selon IDC, la volumétrie mondiale atteindra 393,9 zétaoctets en 2028, tandis que les entreprises dotées d’une gouvernance avancée des données ont trois fois plus de chances de générer plus de 20 % de leur EBIT grâce à l’IA. En 2026, la capacité à enrichir, structurer et gouverner la donnée devient un différenciateur central, conditionnant la performance, la sécurité et la personnalisation des agents.
L’Europe, laboratoire de l’IA responsable
La région EMEA s’impose comme pionnière d’une IA responsable et gouvernée, sous l’effet d’un encadrement réglementaire intense (EU AI Act), d’une attention accrue à la durabilité et de contraintes d’accès aux ressources informatiques. Les entreprises européennes transforment la conformité en levier d’innovation : la gouvernance, l’auditabilité et la supervision sont intégrées dès la conception des systèmes, favorisant le passage à l’échelle dans les secteurs régulés.Cette approche se traduit par une différenciation concurrentielle et une meilleure capacité à attirer clients et investisseurs, tout en garantissant la résilience et la confiance dans les applications critiques. La maturité du tissu réglementaire, l’engagement sur la sobriété numérique et la focalisation sur l’alignement humain constituent des atouts majeurs pour le leadership européen sur la scène de l’automatisation agentique.
Les trajectoires identifiées dans le rapport UiPath confirment que 2026 marquera un basculement vers des architectures agentiques matures, pilotées par la gouvernance et l’exploitation stratégique des données. L’harmonisation de la conformité, de la sécurité des opérations et de l’orchestration des agents définit un nouveau standard de compétitivité. La capacité à organiser et à diriger l’écosystème des agents devient désormais décisive.






















