L’année 2025 s’est révélée décisive pour la hiérarchie sectorielle des marchés financiers, avec un contraste saisissant entre les valeurs technologiques et les actifs tangibles. Selon l’étude Bestbrokers publiée le 9 janvier 2026, les investisseurs ont plébiscité l’innovation numérique et la rareté des ressources, redéfinissant ainsi les stratégies d’allocation dans un contexte instable.
La volatilité macroéconomique, le retour de l’inflation et l’intensification des risques géopolitiques ont orienté les flux d’investissement vers deux pôles majeurs : d’une part, les sociétés minières spécialisées dans les métaux précieux, qui enregistrent des hausses annuelles allant jusqu’à 207 % ; d’autre part, le secteur de l’information technologique, dont le rendement tutoie les sommets, porté par les avancées en intelligence artificielle, la consolidation des infrastructures cloud et la domination de quelques mégacaps. Les données de Bestbrokers s’appuient sur l’évolution des indices MSCI ACWI par secteur, en fournissant une perspective chiffrée sur la sélectivité des marchés.
Les sociétés actives dans l’extraction de l’or, de l’argent ou du platine ont profité d’un regain d’intérêt inédit, symbolisé par des performances comprises entre 175 % et 207 %. Ce mouvement résulte à la fois de la quête de valeurs refuges face à l’incertitude monétaire et de la crainte d’une nouvelle vague d’instabilités mondiales. « Les investisseurs ont massivement transféré leurs avoirs vers les métaux précieux pour se prémunir contre la volatilité des marchés traditionnels », souligne l’étude.
L'IT, locomotive du rendement boursier
Cette orientation stratégique traduit une méfiance accrue envers les actifs financiers classiques et une valorisation renouvelée des ressources naturelles, dont la rareté garantit une forme de résilience face aux chocs exogènes. Les analystes de Bestbrokers insistent sur l’effet amplificateur des politiques monétaires et des tensions sur l’approvisionnement, qui ont propulsé le secteur minier à des niveaux records.
Immédiatement derrière les métaux précieux, le secteur des technologies de l’information s’impose comme l’autre grand gagnant de l’année. Les mégacaps telles que NVIDIA, Apple ou Microsoft concentrent la dynamique haussière, soutenues par une demande exponentielle en solutions d’intelligence artificielle, en puissance de calcul et en services cloud.
L’étude Bestbrokers met en exergue la capacité de ces entreprises à convertir l’investissement en innovation en rendement boursier tangible, même dans un environnement de taux élevés. Cette polarisation autour des leaders technologiques, amplifiée par l’essor des applications IA et la digitalisation de l’économie, remet en cause les modèles de diversification sectorielle traditionnels. « L’information technologique capte l’essentiel des flux, redéfinissant le paysage de la croissance cyclique », résument les auteurs du rapport.
Concentration des performances et risques émergents
La suprématie des technologies de l’information et des métaux précieux révèle une concentration inédite de la performance sur deux segments, au détriment des autres secteurs comme la santé, la consommation ou l’industrie classique, relégués à l’arrière-plan en 2025. Cette situation alimente le débat sur la soutenabilité de la croissance portée par quelques acteurs dominants et sur la vulnérabilité systémique qui découle d’une dépendance croissante envers des innovations propriétaires ou des ressources limitées.
Bestbrokers pointe la nécessité pour les entreprises, les administrations et les fournisseurs de services de revoir leurs stratégies d’investissement afin de conjuguer agilité technologique et sécurité patrimoniale. La résilience passera par la capacité à identifier, parmi les nouvelles frontières sectorielles, les relais de croissance et les poches de stabilité.
Les résultats 2025 suggèrent une reconfiguration profonde des modèles d’allocation d’actifs. La double dynamique, ruée vers la rareté et accélération technologique, impose une vigilance renouvelée aux directions financières et aux investisseurs institutionnels. « La robustesse des leaders technologiques et la résilience structurelle des métaux précieux dessinent un paysage où la performance dépend désormais de l’innovation de rupture autant que de la sécurisation des ressources », concluent les auteurs.






















