La donnée la plus structurante du baromètre est sans ambiguïté. Dans le contexte actuel de destructuration : 80 % des décideurs interrogés considèrent crucial ou important le recours à des modèles d’IA souverains. Cette proportion place la souveraineté algorithmique au même niveau que la sécurité des données ou la conformité réglementaire dans les arbitrages numériques du secteur public. L’étude montre également que 38 % des organisations publiques utilisent déjà un cloud souverain pour des projets d’IA générative, un chiffre élevé pour une technologie encore émergente dans les administrations.
L’échantillon interrogé par l’Ifop donne un poids particulier à ces résultats. 63 % des 257 répondants appartiennent à l’administration d’État, dont 21 % occupent des fonctions de direction des systèmes d’information et 18 % des directions du numérique. Autrement dit, ce sont les décideurs chargés de la gouvernance des infrastructures, des données et des plateformes qui expriment cette attente de souveraineté appliquée à l’IA.
Faire entrer la souveraineté dans la couche applicative
Jusqu’à récemment, la souveraineté numérique dans le secteur public portait surtout sur l’hébergement, la localisation des données et les cadres juridiques comme le RGPD ou le Cloud Act américain. Le baromètre Numspot montre que l’IA déplace cette exigence vers la couche logicielle et algorithmique. Utiliser un modèle de langage hébergé hors d’un cloud de confiance signifie exposer des corpus administratifs, médicaux ou judiciaires à des chaînes de traitement échappant au droit européen.Le fait que 38 % des décideurs utilisent déjà un cloud souverain pour l’IA générative indique que cette problématique n’est plus théorique. Les administrations commencent à intégrer des moteurs de génération de texte, de recherche sémantique, d’analyse documentaire ou d’assistance aux agents. Or ces usages reposent sur des flux continus de données sensibles. La souveraineté devient alors un prérequis technique pour pouvoir déployer ces outils à l’échelle. Comme le résume Alexis Gendronneau, Directeur Data et IA chez Numspot, « la protection des données et la souveraineté numérique ne sont pas des freins, mais des conditions pour innover au service des citoyens ».
Les services aux citoyens, premier moteur du cloud souverain
Le chiffre de 46 % citant les services numériques aux citoyens et aux patients comme premier bénéfice du cloud souverain est révélateur. La souveraineté sort du périmètre des DSI pour devenir un levier de transformation de l’action publique. Démarches en ligne, relation usager, plateformes de santé, portails sociaux ou outils de suivi des dossiers reposent de plus en plus sur des traitements automatisés et sur de l’IA conversationnelle.Dans ce contexte, la confiance devient un facteur d’adoption. Les administrations ne peuvent déployer des assistants virtuels, des moteurs de recommandation ou des outils d’aide à la décision que si l’environnement technique garantit l’intégrité, la traçabilité et la localisation des données. La souveraineté ne relève plus d’un discours politique mais d’une exigence fonctionnelle pour rendre ces services utilisables et acceptables par les citoyens.
La résilience par la souveraineté
Le baromètre indique que 46 % des décideurs utilisent également le cloud souverain pour leurs plans de continuité d’activité. Cette donnée traduit une évolution profonde des architectures. L’IA générative et les plateformes numériques sont devenues des briques critiques du fonctionnement administratif. Leur indisponibilité ou leur dépendance à des fournisseurs soumis à des juridictions étrangères constitue un risque opérationnel.Les plans de reprise et de continuité intègrent désormais des environnements capables d’héberger des modèles d’IA, des bases documentaires et des flux de traitement automatisés. La souveraineté n’est plus seulement une question de conformité mais une condition de résilience. Elle permet de garantir que les fonctions clés de l’État numérique restent opérationnelles en cas de crise géopolitique, juridique ou technologique.
Le cadre européen pousse la souveraineté vers l’IA
Cette évolution s’inscrit dans un cadre réglementaire de plus en plus contraignant. Le RGPD, le Data Act et l’AI Act imposent des obligations fortes en matière de localisation, de contrôle des données et de gouvernance des modèles. Les administrations sont responsables de la manière dont les systèmes d’IA traitent les informations personnelles, produisent des décisions ou génèrent des contenus.Utiliser des modèles non maîtrisés, entraînés et opérés hors de l’Union européenne, complique la conformité à ces textes. Le baromètre Numspot traduit donc une anticipation réglementaire. En privilégiant des clouds et des modèles souverains, les décideurs publics cherchent à réduire leur exposition juridique tout en préparant l’industrialisation de l’IA dans leurs processus.
Numspot, un acteur de l’IA souveraine
Pour Numspot, ces résultats confirment l’existence d’un marché en formation. La concurrence ne se joue plus seulement entre clouds sur des critères de stockage ou de calcul, mais sur la capacité à héberger, opérer et gouverner des modèles d’IA de confiance. Face à des acteurs comme OVHcloud, Outscale, Bleu ou S3NS, Numspot met en avant une proposition combinant cloud souverain et briques Data et IA.La stratégie consiste à fournir aux administrations une infrastructure capable de supporter des chaînes complètes allant de la donnée au modèle, puis du modèle au service numérique. La citation d’Alexis Gendronneau résume cette orientation « IA, continuité d’activité, services numériques, autant de chantiers qui ne peuvent se développer qu’avec des solutions de confiance ».
Le baromètre Ifop pour Numspot montre ainsi que l’IA agit comme un accélérateur de la souveraineté numérique dans le secteur public. En devenant un composant central des services aux citoyens et de la continuité d’activité, les modèles d’IA obligent les administrations à repenser leurs choix d’infrastructure. Le cloud souverain ne constitue plus un refuge réglementaire mais une plateforme de production pour l’État numérique de la prochaine décennie.























