Dans les centres d’opérations de sécurité (SOC), la capacité à réagir dans l’urgence est essentielle. Et lorsque votre organisation est mise à l’épreuve, que le pire se produit, et que vos équipes (qui sont peut-être en sous-effectif) sont à bout de souffle, un plan de réponse aux incidents bien conçu et éprouvé peut faire toute la différence.
Des surprises de fin d’année dont les entreprises se passeraient bien
Les équipes de sécurité ne pourront pas dire qu’elles n’étaient pas prévenues. Depuis des années, les périodes de congés attirent les attaquants. C’est précisément à ces moments-là, quand l’activité ralentit et que les équipes sont moins nombreuses, que les attaques ransomware ont tendance à tomber. On le constate aussi très concrètement sur le terrain. Les attaques par ransomware tombent souvent au mauvais moment: le week-end, un jour férié, ou juste après un événement sensible pour l’entreprise — une fusion, une réorganisation, un plan social... Selon IBM, il faut aujourd’hui en moyenne 241 jours pour identifier et contenir une intrusion.Le souci, c’est que les équipes SOC partent déjà avec un handicap. Entre la fatigue liée aux alertes, la multiplication des outils et la pénurie de compétences, la pression est constante.
Une surface d'attaque en pleine expansion
Cette situation est préoccupante à plusieurs titres. Une faille majeure peut entraîner des pertes financières et entacher durablement la réputation d’une entreprise, sans parler de la pression réglementaire qui s’en suivra, des décisions difficiles en matière de ressources humaines, ou de l’impact que tout cela peut avoir sur un projet stratégique comme une opération de fusion acquisition. Sur le plan opérationnel, les effets peuvent être particulièrement lourds, surtout lorsque l’incident survient à un moment clé de l’activité.Le risque est encore plus marqué pendant les fêtes. Les groupes cybercriminels, le plus souvent motivés par l’appât du gain, s’attaquent en priorité aux organisations qu’ils estiment les plus susceptibles de payer rapidement. Les distributeurs et les opérateurs d’infrastructures critiques, pour qui la moindre interruption de service est difficilement acceptable à cette période de l’année, figurent naturellement en haut de la liste. Et à mesure que ces acteurs investissent davantage dans le numérique, leur surface d’attaque s’élargit, offrant aux attaquants un terrain de jeu toujours plus vaste.
Les chaînes d'approvisionnement étendues posent des risques similaires. Les attaquants peuvent utiliser des fournisseurs aux postures de sécurité fragiles comme tremplins pour atteindre les clients finaux. Une panne chez un fournisseur peut rapidement provoquer un effet de cascade sur tout l’écosystème. Et à l’approche de Noël, ce type d’incident peut se propager bien plus loin et bien plus vite qu’on ne l’imagine.
Pourquoi l’identité est centrale
Les ransomwares trouvent leur point d’ancrage dans l’identité: l’essor des infostealers a structuré un véritable marché clé en main d’identifiants d’entreprise compromis. Un rapport souligne même que sur les 3,2 milliards d'identifiants volés l'année dernière, 2,1 milliards l'ont été via des logiciels malveillants de vol d'informations.Une fois rentrés dans les systèmes, les plateformes d'identité sont souvent la première escale des attaquants. Rien d'étonnant: Active Directory (AD), Entra ID ou Okta leur permettent d'assurer leur persistance, de se déplacer latéralement et d'élever leurs privilèges.
C’est pourquoi, en situation de crise, la restauration de ces systèmes vers un état de confiance doit être une priorité absolue. Pourtant, dans les faits, cette étape reste encore trop souvent mal anticipée, voire reléguée au second plan dans les plans de reprise d’activité.
Humains, processus et technologies
Soyons clairs : peu d’organisations souhaitent faire fonctionner leurs équipes de sécurité à plein régime pendant toute la période des fêtes. La vraie question est donc la suivante : comment réduire le risque sans épuiser les équipes ? La réponse passe par la résilience, et cette résilience commence par l’identité. Concrètement, cela suppose d’identifier les vulnérabilités et les erreurs de configuration des systèmes d’identité, puis de mettre en place des mécanismes de restauration automatisés afin de rétablir rapidement l’accès à ces plateformes critiques après une attaque.Mais la technologie, à elle seule, ne suffit pas. Le facteur humain et les processus restent tout aussi déterminants. La formation à la cybersécurité est essentielle à tous les niveaux, et chaque collaborateur doit connaître les bonnes pratiques comme le rôle qu’il a à jouer en cas d’incident.
En parallèle, il est utile de se poser une question très concrète : de quoi l’entreprise a-t-elle réellement besoin pour continuer à fonctionner en cas de crise ? C’est tout l’enjeu de la notion d’« entreprise viable minimale », qui permet de guider la segmentation du réseau, la restauration des identités et la création d’environnements de reprise isolés.
Zéro surprise pour 2026
Surtout, restez vigilants. Les attaquants chercheront toujours à maximiser l'avantage de la surprise. Réduisez cet avantage en préparant vos équipes au pire. Avec des playbooks préétablis, une restauration automatisée et des évaluations régulières, vous pouvez largement minimiser les dégâts, voir les éviter complètement.Dans le meilleur des cas, les attaquants renonceront pour se tourner vers une cible plus facile. Mais même lorsqu’une attaque aboutit, elle ne doit pas forcément se traduire par une perte de données ou un arrêt brutal de l’activité. En 2026, la résilience centrée sur l’identité fait clairement partie de ces bonnes résolutions qu’il ne suffit plus d’annoncer… mais qu’il faut enfin appliquer. Par Matthieu Trivier, Area Vice President of Pre-Sales, EMEA, Semperis























