Dans la plupart des organisations le recrutement d’un CDO est une erreur de casting, une absence de reconnaissance du DSI qui pourtant est au coeur de la transformation digitale et à ce titre devrait être la bonne personne pour exercer la mission.

Attention, permettez-moi ce préambule : dans les grandes entreprises, la présence d’un CDO pour accompagner la transformation digitale dans sa dimension transverse se justifie. Elle est même parfois (souvent?) souhaitée par le DSI. C’est une mission lourde, qui vise à réorganiser l’entreprise en y intégrant des technologies numériques. Mais c’est aussi une mission de courte durée, au plus quelques années, car une fois la transformation actée, le poste sera invité à disparaître. Et ce n’est pas le premier à qui ce sort sera réservé…

Pourquoi recruter un CDO ?

La question qui se pose, cependant, c’est pourquoi les entreprises recrutent un CDO, alors que la logique voudrait que la mission revienne au DSI, qui déjà exerce le rôle de chef du numérique sans que cela soit réellement reconnu, et qui a la compétence pour la mener bien ?

Le DSI est aux premières loges pour rassembler les silos, fournir les capacités numériques collectives, et mener l’effort de la transformation digitale. Sauf qu’en dehors que quelques DSI certainement progressistes qui ont su faire évoluer leur fonction en devenant DSI et Digital, les entreprises continuent d’embaucher des CDO.

Que manque-t-il au DSI ?

A regarder de plus près, le DSI souffre d’un vrai problème : il ne sait pas se placer lorsqu’il s’agit de répondre à la question « Qui devrait prendre et diriger l’initiative de la transformation digitale ? ». C’est ainsi que seulement 35 % des DSI attendent de mener l'effort de transformation digitale de leur entreprise !

Trop souvent, le DSI se contente de ‘garder les lumières allumées‘, de maintenir les routines et de gérer les problèmes de fontionnement, et se complaisent dans leur rôle de gardien de l’infrastructure informatique. Il ne sait pas mettre en avant les missions de levier de la transformation et d’élévation des modèles économiques qui incombent à la technologie.

Vers un DSI transverse

Le couplage des technologies émergentes avec les objectifs de l’entreprise est une étape incontournable. Pour apporter de la valeur, DSI comme CDO doivent être des innovateurs, non pas des technologies, mais des modèles économiques. Et pour cela ils doivent en priorité adopter le langage des C-Level, de la direction générale et des directions métiers.

L’équipe que se construit le DSI qui prend à bras le corps la transformation digitale se doit d’être équilibrée entre les compétences technologiques et de collaboration, afin de s’ouvrir aux métiers. Elle doit nourrir les talents internes de l’organisation. Et au final accompagner la transformation de la culture de l’entreprise pour qu’elle intègre l’agilité, la rapidité et le client...

CDO ou DSI ?

Qui peut mener à bien la transformation digitale de son organisation ? Nous serions tentés de dire le DSI. Hé bien non ! Certes, le fait d’avoir conduit les transformations technologiques de l’informatique de l’entreprise là où elle en est aujourd’hui est un avantage, mais encore faut-il le vouloir et le faire savoir. Voilà où est la différence entre le DSI progressiste qui va piloter la transformation digitale et le CDO. Ce dernier se voit confier la mission, alors que le DSI doit s’en emparer. C’est à cette seule condition que l’entreprise ne se posera pas la question de recruter un CDO, puisque rien ne justifiera de la poser.

Image d’entête 74913147 @ iStock wichai leesawatwong

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