« Quelles pertes de temps inutiles ». Cette expression vous est familière ? Elle est pourtant en partie fausse. Car souvent le temps ‘perdu’ est nécessaire…

Savez-vous que les CEO/PDG américains s’échangent une combine pour gagner du temps : ils regardent des films en vitesse accélérée ! Cela leur permet de réduire le temps de visionnage sans perdre l’essentiel du film projeté. Mais pour quelques minutes gagnées, combien de plaisir ont-ils perdu ?

Le temps perverti par la productivité

Aujourd’hui, le temps est frénétiquement associé à la productivité. Nous devons courir, et nous sommes nombreux à refuser de prendre des pauses afin d’éviter de nuire à notre productivité. Et pour peu que nous ‘perdions’ du temps, c’est en pensant à ce que nous ‘devrions’ être en train de faire. Dans tous les cas, ces expériences ne font qu’alourdir notre culpabilité.

Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi. Sans revenir au rythme des campagnes, ni évoquer les luttes syndicales, dès l’époque victorienne les usines imposaient des pauses de repos. Dans son livre « REST: Why You Get More Done When You Work Less », Alex Soojung-Kim Pan nous rappelle que Charles Darwin, Charles Dickens, ou encore Gabriel García Márquez ne travaillaient que 5 heures par jour, voire moins.

Nous n’allons pas nous comparer à ces remarquables auteurs. En revanche, intéressons-nous à notre modèle de travail. La plupart d’entre vous qui nous lisez, êtes assis à votre bureau, devant votre ordinateur, à consulter notre navigateur et à visiter des sites Web. Posez-vous la question : cela contribue-t-il à votre productivité, et à votre bonheur ?

L'illusion du travail

Notre comportement en milieu de travail consiste à donner l’illusion que nous sommes disponibles et multitâches, et que nous travaillons tout le temps. Pourtant, il n’en est rien ! Le temps que nous consacrons à Internet, par exemple, va rapidement diverger vers les réseaux sociaux, une distraction bien peu productive.

La réalité, comme l’indique Alex Soojung-Kim Pan, est que si l’on se consacrait moins à chercher du ‘travail’ pour occuper le temps, nous pourrions passer moins temps au bureau, tout en continuant de réaliser la même quantité de ‘vrai’ travail, et certainement avec une meilleure qualité.

Paradoxalement, comme nous l’expliquent les psychologues du travail, en plus de permettre de recharger la batterie et de se désencombrer l’esprit, perdre du temps, donc se déclarer improductif, vous permettra de faire mieux votre travail. Et d’atteindre un meilleur accomplissement de soi.

Le temps raisonnablement perdu, c’est finalement du temps bien dépensé !

Image d’entête 664772446 @ iStock Aleutie

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