L’Union européenne veut rattraper son retard sur le HPC (High Performance Calculator) et le Big Data, et lance l’initiative EuroHPC dotée d’un budget d’un milliard d’euros partagés avec les Etats membres. Nos dirigeants français se sont fait la même réflexion !

L’Europe est en retard, aucun de nos supercalculateurs figure au Top 10 HPC mondial. Et cela, Andrus Ansip, Vice-Président chargé du marché numérique unique à la Commission européenne, ne peut le supporter. Nos chercheurs et nos entreprises doivent pouvoir accéder à la puissance de calcul des superordinateurs et bénéficier des réglementations européennes sur les données.

C’est d’autant plus important que deux domaines ne demandent qu’à s’épanouir en Europe, mais manquent de puissance pour cela : le Big Data et l’Intelligence Artificielle (IA).

L’objectif fixé par la Commission européenne avec son initiative EuroHPC est de faire entrer deux supercalculateurs au Top 10 mondial. Celui-ci est dominé par la Chine, dont deux calculateurs occupent les deux premières places, suivie par le Japon et les Etats-Unis.

Objectif 5 supercalculateurs européens avant 2023

Doté d’un budget de 1 milliard d’euros – 486 millions d’euros invertis par l’Europe, les Etats membres sont invités à contribuer à hauteur de 500 millions d’euros – qui concernera l’infrastructure, les architectures de calcul et les logiciels à développer, EuroHPC sera éventuellement complété par des entreprises privées partenaires. Le projet prévoit :

Pour 2020, la construction de :

  • 2 calculateurs de type pre-exascale affichant 1017 opérations par seconde ;
  • 2 calculateurs plus petits de 1016 opérations par seconde.

Pour 2022-2023, la construction de :

  • 1 calculateur capable de 1018 opérations par seconde.

La France est également dans le course

Du côté français, la Président Macron - en voyage en Chine où il s’est intéressé aux recherches chinoises en matière d’Intelligence Artificielle - s’est prononcé en faveur de l’initiative européenne, plus particulièrement sur le Big Data. Il a même indiqué qu’il s’agira d’une des priorités pour la France pour 2018.

Le Président de la République entend profiter de l’effet unificateur du RGPD et des nouveaux règlements européens, ainsi que des négociations sur les droits commerciaux, pour développer un marché européen du Big Data. Pointant le manque de volonté des membres de l’Union pour avancer unis, il a appelé à plus de régulations européennes sur les investissements étrangers et les industries stratégiques.

Ainsi, le Big Data et l’IA pourraient être ajoutés au décret Montebourg, qui régule les investissements étrangers dans les domaines de l’énergie, de l’eau, du transport, des télécoms et de la santé publique. Si le décret est modifié dans ce sens, les projets Big Data et IA faisant appel à des investisseurs étrangers seront soumis à l’approbation du gouvernement.

La participation de la France à EuroHPC pourrait être stratégique pour l'Europe. Nous possédons avec Bull (racheté il y a quatre ans par Atos) et nos chercheurs universitaires (ainsi que dans les universités européennes) des ressources nécessaires pour construire des supercalculateurs de niveau mondial et les doter de solutions logicielles performantes et ouvertes...

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