C'est une lame de fond qui soulève les entreprises américaines, 91 % de leurs exécutifs affirment qu'ils vont initier au cour de l'année 2016 une ou plusieurs M&A (Mergers and Acquisitions).

Pendant que nous évoquons la transformation digitale des entreprises, à quoi rêvent les patrons (CEO et COO) et les directeurs financiers (CFO) des entreprises américaines ? Aux opérations de croissance externe, à savoir à initier des fusions-acquisitions. Cette ambition est telle que le nombre des dirigeants qui n'envisagent pas ce type d'opération a diminué de moitié en 2015, jusqu'à devenir presque marginaux avec 9 % de réfractaires.

Mieux encore, les entreprises américaines ne se contenteront pas de réaliser une unique M&A au cours de l'année 2016, elles en veulent plus :

  • 38 % - 1 à 3 fusions-acquisitions
  • 34 % -  4 à 6 fusions-acquisitions
  • 10 %  - 7 à 9 fusions-acquisitions
  •   9 %  - 10 fusions-acquisitions et plus

Les 9 % restant sont ceux qui ne souhaitent pas procéder à une croissance externe, voire ignorent s'ils vont déployer cette stratégie.

Pourquoi réaliser des acquisitions ?

La motivation principale et stratégique pour les entreprises qui souhaitent se lancer dans des opérations de fusions-acquisitions c'est bien évidemment de grossir leur base de clients. Interpellés sur leur motivation, les exécutifs américains ne se cachent pas :

  • 37 % - Intégrer de nouvelle lignes de business
  • 37 % - Elargir leur base de clients
  • 36 % - Etendre leur présence géographique
  • 34 % - Acquérir de nouvelles technologies, ou étendre leur propriété intellectuelle
  • 25 % - Opportunistes, des cibles potentielles deviennent disponibles
  • 20 % - Les financiers envisagent des opérations profitables et/ou gains en sorties
  • 16 % - Acquisition d'éléments additionnels destinés à la supply chain
  • 13 % - Répondre aux investisseurs activistes
  • 7 % - Se défendre contre des compétiteurs

Si les réponses au « pourquoi ? » sont logiques, nous noterons deux phénomènes : - La chute des actions de défenses, il y a encore quelques années beaucoup d'acquisitions étaient destinées à phagocyter des compétiteurs afin de les faire disparaitre. Le numérique a changé la donne et la réponse des entreprises à leurs concurrence se fait plus agressive sur les produits et marchés. - La montée en puissance de la supply chain, démonstration que les entreprises recherchent dans la distribution des foyers de réduction des coûts.

Vers de nouveaux business models

Quant à nous, nous retiendrons trois tendances importantes chez nos dirigeants qui devraient nous inciter à plus de réalisme dans notre vision de la transformation digitale qui s'impose à tous :

- l'augmentation de la base clients est une approche très classique, voire basique car fortement tournée vers le terrain, et en corolaire encore loin des objectifs d'optimisation digitale de la relation client ;

- la transformation digitale, bien que présente, est finalement assez loin des priorités de l'exécutif ;

- l'évolution des modèles économiques que nous évoquons ici de plus en plus est également une préoccupation  éloignée des patrons et de la finance.

Source : « US Executives on M&A : Full Speed Ahead in 2016 » par KPMG en partenariat avec Fortune Knoledge Group Image d'entête 81918747 @ iStock jabkitticha

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